DE CONSOLATORIA LAUDE CASTITATIS
c'est ainsi que, sans parler de l’agneau pascal (1), le rocher que frappe Moïse pour en faire jaillir de l’eau, signifie le Christ (v. 460 sq.). Outre cela, ce livre contient quelques descriptions agréables ou du moins pleines de mouvement.
Cette tendance à tout dépeindre, qui se manifeste d’une manière si tranchée dans cet ouvrage, n’est qu'un signe de la décadence de la poésie épique; déjà depuis longtemps se manifestait cette décomposition, dans ce siècle des Epigones (il mérite ce nom au point de vue de la forme). Un autre trait de cette poésie, lequel cependant ne se manifeste que de loin en loin, consiste dans un jeu de mots sans esprit (2) et accuse, à cette époque, une décadence encore plus profonde du goût.
Le deuxième ouvrage poétique de saint Avite est bien inférieur au premier. Ïl a pour titre: De consolatoria laude castitatis ad Fuscinam sororem, et comprend six cent soixante hexamètres. Aïnsi que l'indique le titre, l’auteur y console sa sœur qui, vouée déjà dès sa naissance à la vie religieuse, était entrée au couvent n'étant encore qu'une enfant; c’est un pané.-gyrique de la virginité qu'il lui adresse, et, dans ce panégyrique, il lui peint les misères, les souffrances, les dangers de la vie conjugale sous des couleurs qui blessent aussi bien la morale que l'esthétique (v. 163 sq.). Ce tableau, vu l'état de la personne qui le dessine et celui du destinataire, nous fait voir d'une manière palpable jusqu’où étaient tombées, même dans les cercles les plus élevés de la population romane, les bonnes manières et la finesse du goût; l’auteur ne considère le mariage qu’au point de vuc du concubinat. D'après le contenu de ce panégyrique, on peut démèler assez facilement à quoi fait allusion l'expression consolatoria : la bonne sœur . avait à soutenir des combats intérieurs. L'auteur l'avoue direc-