‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 214 sur 382 · V. plus loin p. 432, remarque · texte numérisé non relu

V. plus loin p. 432, remarque

3. D'après la division que nous avons adoptée, v. plus haut, p. 256.

livres (1) : le sixième vint plus tard y occuper sa place. Il est possible que les premiers livres eux-mêmes eussent engagé Perpétuus à prendre la plume. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage en entier était une sorte de Captatio benevolentiae ; le poèle voulait disposer le Saint en sa faveur et obtenir de lui la guérison de ses yeux (I, v. 305 sq.); n'était-ce pas, en effet, par ce genre de cures miraculeuses que saint Martin s'était rendu célèbre (2)?

Ce but pratique à obtenir, telle est l’excuse que le poète met en avant pour motiver son entreprise; il n’a pas une grande confiance en ses capacités littéraires, il le dit à plusieurs reprises ; bien plus, il avoue (IV, v. 7 et s.) que l’expression de Sévère, « amollie par le mètre, » perd beaucoup de sa vigueur (3); ce qui le console, c’est qu’il n’est pas donné chacun de se désaltérer à la source elle-même, mais qu'on doit se contenter de l'eau des ruisseaux, quoique dépourvut de fraîcheur. Ce passage caractérise l’œuvre de Paulin. En général, abstraction faite de quelques omissions et principalement de quelques remarques personnelles, il suit pas à pas, dans son récit, l'ouvrage de Sévère, et parfois même il emploie les termes et les constructions de son modèle. D'autre part, il élargit le sujet en le paraphrasant, même au delà des exigences de la versification ; nous le voyons, en effet, se mouvoir à l'aise et se complaire dans les circonlocutions les plus étendues (4), tomber par là en faveur de son héros dans de singu-

1. C’est ce qui ressort du début du livre quatrième; tout comme la remarque que nous faisons au sujet du livre sixième ressort du début du livré lui-même.

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