‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 235 sur 382 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ENNODIUS

À la fin de cette époque, nous trouvons un auteur qui représente d’une manière remarquable les deux directions de la littérature, je veux dire la littérature chrétienne nouvellement éclose ; rhéteur et évêque, prosateur et poète tout ensemble, cet écrivain est Macnus Féuix Exnonits (2). Il se rattache à Sidoine avec cette différence que, chez lui, l'élément chrétien occupe une bien plus large place. Comme Sidoine, il avait vu le jour dans le sud de la Gaule, probablement à Arles, en 473. De famille noble, mais sans fortune, à ce qu'il paraît, il fut accueilli, après la mort de ses parents, dans une famille riche et pieuse, dont il épousa la fille. Ce mariage le délivra des soucis qui jusque-là le rongeaient. Il avait reçu une éducation exclusivement païenne; maïs il apprit, dans cette maison, à mieux connaître le christianisme : toutefois il ne s’en laissa pas pénétrer profondément et ne vécut pas en chrétien, ainsi qu'il s’en accuse lui-même dans ses confessions. Les caprices de la fortune le décidèrent à embrasser l’état ecclésiastique ; mais ce fut seulement une grave maladie, par laquelle il avait été conduit à deux doigts de la mort, qui opéra en lui une conversion intérieure. Il avait même, dans cette grave conjoncture, fait le vœu de renoncer à la littérature profane. De

j. No 378. V. en outre n° 94, sq., et n° 379 (vers en l'honneur de la vraie croix). ”

2. Magni Ennodii episcopi Ticinensis opera I. Sirmondus in ordinem digesta multisque locis aucta emendavit ac notis illustravit. Paris, 1611. M. F. Ennodi opera omnia, recens. el commentario critico instruxit g. Hartel. Wien, 1882 (Corp. script. eccles., vol VI.); Fertig, Magnus Felix Ennodius et son époque. Passau, 1855, in-4 (2 dissertations).

ENNODIUS [413-4] la santé grâce, pense-t-il, à l'intercession de saint L'écrivit, en actions de grâces, la confession de sa vie ), et c'est à cet ouvrage que nous devons les notices nées. IL prit pour modèle les Confessions de saint 1; on ne saurait en douter quoique son livre ne soil, à celui du Père de l'Église, qu'une esquisse bien uant à l’autre partie de la vie d'Ennodius, nous 18 que des renseignements détachés. S'étant consacré : à l'état ecclésiastique, il fut ordonné diacre à Milan jusque sur le siège épiscopal de Pavie (Ticinum), en ut cette promotion en grande partie à son éducation qui faisait l'admiration de ses contemporains, éducalui et d’autres encore surent admirablement bien à leur profit. Ce qui nous prouve qu'il jouissait d'une wutorité dans l'Église, c’est que le pape Hormidas le leux fois à Constantinople, auprès de l'empereur , afin de tenter une réconciliation avec l'Église Sa mission resla sans résultat. Ennodius mourut en

’esquisse autobiographique, Ennodius nous raconte rit tout jeune entièrement consacré à la poésie, c'est- \fabrication des vers, comme il s'exprimelui-même(2;; ‘ait un talent merveilleux, et, pour lui, la forme était qui nous reste de ses vers est relativement peu de encore, la plupart sont-ils d'une époque postérieure . Ce sont deux livres de poésies (carmina), dont le > contient que des épigrammes. Le premier, au concompose de neuf poèmes, renfermant pour la plupart es d'occasion. Tel est, par exemple, un épithalame : icore un carmen en distiques composé pour le gram- Jeutérius et dans lequel ce dernier prie un questeur mner un jardin; ce n'est là par conséquent qu'une

6 Eucharisticum de vita sua, par Sirmond. .

’oetarum me gregi... indideram, deleclabam carmina quadratis

articulis, et ordinata pedum varietate solidata. » Le princi-

it consistait dans la variété du mètre ; aussi l'Epithalamium

comprend-il des distiques, des hexamètres et des strophes

#2, Sans compter douze vers adoniques qui viennent se ranger parmi ces mètres divers.

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