‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 234 sur 382 · POÈTES AFRICAINS · texte numérisé non relu

POÈTES AFRICAINS

même (1). C'est là ce qui fait de ce poème la meilleure de ses compositions. L'autre épigramme (N° 351) mérite d’être citée par rapport à la poésie gnomique du moyen âge; elle contient les sentences des sept Sages, et le poète consacre à chacun d'eux un distique en hexamètres (2). On trouve enfin, dans le Codex Salmasianus et sous le nom de Luxorius, une épigramme détachée et écrite pour la salle de réception de Hiidéric (ne 203), de même qu'un épithalame (n° 18) pour célébrer le mariage de Fridus. Cette dernière composition est un centon virgilien, dans le genre de celui d'Ausone, et qui offre le même degré d'obscénité.

On rencontre encore, à cette époque, des centons strictement chrétiens; mais on voit leurs auteurs en fabriquer mème de païens. C’est ainsi que nous trouvons, dans le même Codex Salmasianus, deux centons virgiliens d’un certain Mavorrits, dont l’un (N° 10) a pour sujet le jugement de Paris, et l’autre (N° 46) l” « église, » c'est-à-dire, ici, le service divin. Dans ce dernier, l’auteur nous raconte brièvement, sous forme de sermon, la mission de Jésus-Christ, sa passion, la descente aux enfers, sa résurrection et enfin son retour au jugement dernier. Ce sermon se termine par une description de la réunion des fidèles à la sainte table (3).

Comme pendant à ces centons, nous trouvons des variations sur un thème emprunté à Virgile; tel est un poème du grammairien CoronaTus, ami de Luxorius, lequel nous a été conservé dans le même Codex (n° 223) (4). On peut y voir également quelques épigramimes avec un fond chrétien, entre autres celles du grammairien CazruLus, qui était aussi

1. Il suffit de citer les deux vers suivants : Hujus puram animam stellantis regia caeli.

Possidet et justis inter videt esse catervis. 2. Le premier est remarquable à cause de la rime : Solon, praecipuis fertur qui natus Athens, Finem prolixae dixit te cernere vitae.

3. Le tout se termine par un épilogue de six vers que le poète improvisa lorsque, après avoir récité le centon, il fut salué par le cri de « Maro junior. » Un autre centon chrétien de cette époque, à l'adresse du Christ luimême, ne nous a été conservé que par fragments. C’est Martène qui l’a publié le premier, Anthologie de Riese, n° 719.

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