PROSPER D'AQUITAINE
naissance comme poète. Il commence lui aussi a ovo ; nous le voyons débuter par un extrait de l'ouvrage de saint Jérôme, pour le continuer ensuite d'une manière indépendante. La Chronique de saint Jérôme se terminait avec l’année 378 : la continuation de Prosper part de l’année 379, et il suit le genre de son prédécesseur; si on laisse de côté l'extrait emprunté à saint Jérôme, on pourrait donc tout simplement relier cette continuation à la chronique du moine de Bethléem. S'attachant à l’ordre chronologique des consuls, l'œuvre de Prosper va jusqu’à l'année 455, époque de la prise de Rome par Genséric ; quelques manuscrits toutefois ne vont que jusqu'à 444; ces derniers semblent s'appuyer surune édition plus ancienne; il paraît même qu'il existait une édition encore antérieure qui ne conduisait l'œuvre que jusqu'en 433; on trouve, en effet, sous cette date des récapitulations d'années qui n'ont guère leur place qu’à la fin des Chroniques et qu'on ne saurait expli- * quer, en cet endroit, qu’en prenant cette date comme terme de l'ouvrage. L'existence d'une triple édition semble tout à fait justifiée par la nature de ces ouvrages, d'autant mieux qu'un autre chroniqueur de la mème époque, Comes MarcELLINUS (1), 8 suivi personnellement un procédé semblable ainsi que lui-même nous en témoigne. Quant au choix des faits dignes d’être mentionnés, Prosper, comiparé à son maître (2), est plutôt en progrès qu’en décadence, en ce sens que c’est à peine si, comme lui, il enregistre des notices qui n'intéressent que le présent, ou encore qui ne sont personnelles qu’à lui. C'est la raison pour laquelle la chronique de Prosper attache peu d'importance à cette catégorie de phénomènes naturels que nous avons mentionnés en analysant l'ouvrage de saint Jérôme. Cette manière de procéder, considérée au point de vue objectif, est peut-être en partie difficile à justifier; mais l'importance
des V. und VI. Jahrhunderts im neuen archiv. der Gesellsch. aeltere deutsche Geschichtskunde, vol. 1. n° 11. 1876 et 77. Ces données bibliographiques servent également pour les chroniqueurs suivants, Prosper Tiro, Idacius, Marcellinus.