C. 4, cf. 1. IE, c
tion à Salvien pour aborder la critique de la moralité de son
époque, et notamment de celle des chrétiens romans, moralité dont il trace un tableau effrayant. On n’obéii même pas au plus petit nombre des prescriptions de Dieu. On se livre à tous les vices, à tous les crimes, et ce ne sont pas seulement les serfs (servi) qui en agissent ainsi, mais les hommes libres eux-mêmes (#ngenut). Salvien continue cette méditation dans le quatrième livre et dit que les chrétiens reçoivent un châtiment de Dieu à cause de leur désobéissance ; Dieu est loin de les châtier commeils le méritent, et, pour le prouver, l’auteur expose le traitement si peu chrétien que les grands et les riches font subir aux esclaves et aux pauvres. Il compare, après cela, sous le rapport de la moralité, les chrétiens romans avec les Barbares et aborde encore la question de savoir pourquoi Dieu permet à ces derniers de soumettre les chrétiens (c. 12). Mais les Barbares sont meilleurs ; les fautes des Romans sont d’autant plus graves que leur état est plus élevé (4). Parmi les Barbares, Salvien distingue deux classes : les hérétiques et les païens. Au nombre de ceux-ci, qu’il passe d’abord en revue, il cite les Saxons, les Francs, les Gépides et les Huns. Les Saxons ont beau être sauvages, les Francs perfides, les Gépides inhumains, les Huns impudiques, leur faute est moins grande que la nôtre, dit-il, si nous avons les mêmes vices, etil démontre qu’il en est ainsi, parce qu’ils ne savent pas jusqu’à quel point ils font mal et qu'ils ne connaissent pas la loi de Dieu.
Dans le livre cinquième, 1l continue cette comparaison par rapport aux Barbares hérétiques, et spécialement aux Goths et aux Vandales ariens. Il montre d'abord qu'ils sont également plus excusables que les catholiques romans ; ils ont bien, eux aussi, les Saintes Écritures, mais ils les ont sous une forme interpolée, incomplète; et, quand c'est moins le cas, elles sont au moins falsifiées par la tradition de leurs anciens docteurs, tradition qu'ils suivent comme étant la vérité. Ils ne se considèrent pas comme hérétiques. Après ces déductions, Salvien fait ressortir les qualités de ces Barbares : ils