‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 26 sur 382 · DE PATIENTIA · texte numérisé non relu

DE PATIENTIA

édifiantes, trop parler n’est pas un défaut. « Quand on parle | d'un bien, le sujet mérite qu'on examine le mal qui lui est opposé, car l’on comprend mieux ce qu'il faut faire, si on parle | aussi de ce qu'il faut éviter. Considérons donc l’impatience » | (c. 5). Elle a son origine dans le démon, comme la patience a | la sienne en Dieu: l’on ne saurait déterminer si Satan a été = d’abord mauvais ou impatient. L'impatience estla mère de tous les péchés. Le mal lui-mème n’est que l'impatience du bien, | #mpatientia boni (1). — La patience est inséparable de la foi; elle la suit ou la précède. Elle est une vertu spécifiquement Chrétienne; c’est par elle que la loi fut accomplie et agrandie : = la patience avait fait défaut dans la loi de justice; elle n'était pas encore sur la terre, parce que la foi en était absente. — Tertullien examine ensuite, aux chapitres septième | et suivants, les sources principales de l’impatience : les revers de fortune, les offenses, la perte des parents, la vengeance «son plus grand aiguillon, » et il montre combien tous ces motifs sont injustes; à combien plus forte raison les mobiles plus insignifiants encore ! Mais la récompense de la patience est la félicité. Elle prête la main à la pénitence : elle est la mère de l'amour chrétien. C’est ainsi qu'elle a les plus intimes rapports avec les trois vertus cardinales. « Les langues, les sciences, les prophéties passent; la foi, l'espérance, la charité restent : la foi, introduite par la patience du Christ; l'espérance, qu'attend la patience de l’homme; la charité qui, sous la conduite de Dieu, accompagne la patience» (c. 12). Le corps lui-même ne doit pas se priver de cette vertu, car, sans elle, la chair est faible. Isaïe, saint Etienne, Job sont ensuite cités comme des modèles de patience. Le tout se termine (c. 15), par un panégyrique de la patience; le récit s’anime, et la personnification de cette vertu plus ou moins apparente déjà dans tout le livre, arrive à son plus grand relief; car la physionomie, e/figtes, et l'attitude, habitus, de la patience sont également décrits : « Son visage est calme et tranquille; le front est pur; point de rides creusées par la tristesse ou par la colère ; les sourcils in-

4. Remarquons que le mot latin impatiens a une signification beaucoup plus large que le mot français impatient.

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