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clinés annoncent la joie, les yeux baissés par l'humilité, non par le malheur; le silence orne la bouche ; le teint est celui des personnes innocentes et sans inquiétude; la tête s'agite fréquemment contre le diable avec un sourire menaçant; la poitrine est ceinte d’un habit blanc comme la neige qui s'ajuste au corps et ne flotte pas tout autour. Elle est assise sur le trône de l'esprit le plus calme et le plus doux. Car où Dieu est, là est aussi sa fille adoptive, la Patience. » Telle est la patience chrétienne, tout autre que la patience fausseetinjurieuse des païens, tout autre que celle des parasites, des capteurs d'héritages, des maris qui n'épousent unefemme que pour accaparersa dot.
Cette analyse, que j'ai donnée exactement pour caractériser avec plus de force la diction de Tertullien dans ce domaine moral et didactique, n'accuse, il est vrai, ni un ordre logique et invariable, ni surtout l’art de la composition ; il faut dire pourtant que Tertullien a su vivement éveiller l'intérêt, dans l'introduction, et qu'il l'a, vers la fin, augmenté encore. De fait, il s'entend toujours à captiver: là même où il ne satisfait pas la raison, il frappe d’autant plus en excitant la sensibilité et l'imagination, en sorte que, là où l'ordre de la disposition laisse à désirer, il surprend encore par l'originalité de la pensée et de l'expression. Très subjectif, l'âme très ardente, Tertullien a donné à cet ouvrage un relief et un caractère que n'ont pas les ouvrages classiques qui traitent le même sujet: on sent à chaque ligne que, pour lui, aborder la question, c’est aborder une chose du cœur. Cette vertu, à laquelle il peut si difficilement plier sa nature, ne lui apparaît que dans un jour plus idéal. La personnification des vertus et des vices, telle qu'elle ressort de ses expressions, n'est pas toujours traitée avec un égal bonheur, mais elle marque son style d’un cachet particulièrement chrétien et poétique. L'allégorie est, en effet, une forme de l'art chrétien. Dans la comparaison qui termine le livre et dont nous avons parlé plus haut, se trouve un mélange curieux d'objectivité classique et matérielle qui contraste avec la manière spirituelle d'écrire propre au christianisme ; le calme même, qui convient à une statue classique, est détruit par le mouvement de la tête.
Les autres écrits de celte classe, considérés au point de vue