‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 271 sur 382 · DE NUPTIIS PHILOLOGIAE ET MERCURII · texte numérisé non relu

DE NUPTIIS PHILOLOGIAE ET MERCURII

sur la poitrine afin de donner de la grâce à ses regards, à sa langue, à son cœur (animus). Athanasia, fille de l’Apothéose, apparaît ensuite pour accompagner la Philologie dans le ciel. Mais celle-ci doit d'abord, sur l’ordre d’Athanasia, se décharger d’un faix qui grossit démesurément sa poitrine. Elle se résigne, quoique avec peine, à laisser une grande quantité de livres, que recueillent des jeunes filles (1), aidées elles-mêmes par les Muses Üranie et Calliope. Après avoir ensuite vidé la coupe de l’immortalité que lui présente l’A pothéose, la fiancée monte au ciel sur une chaise à porteur : elle rencontre tout d’abord Juno Pronuba, à qui elle fait un sacrifice et adresse une prière. Celle-ci se charge maintenant de sa conduite et lui fait faire connaissance avec les régions de l’air et ses habitants (1. IT, 150 sq.). Après avoir parcouru le cercle des planètes, la fiancée arrive enfin dans la voie lactée où se trouve le palais de Jupiter; assis au milieu des dieux, il attend les deux fiancés (L. IF, 209). D'abord apparaît Mercure, et on le fait asseoir près de Pallas; puis, vient à son tour la fiancée, qui, dans sa modestie, prend place à côte des Muses. Sa mère exige enfin qu’on donne lecture de la loi Poppaea (2) et qu'on. remette la corbeille de la mariée. Voilà que Phébus se lève pour présenter en particulier les jeunes filles, qui sont au service de son frère et qui font précisément partie de cette corbeille de noces. Ce sont les sept Arts libéraux; ils paraissent, à tour derôle, dans les sept livres suivants de l'ouvrage et dont chacun est consacré à l’un des arts : leur ordre est exactement celui qu’ils occuperont plus tard dans le érivium et le quadrivium : 1. Grammaire ; 2, Dialectique ; 3, Rhétorique; 4, Géométrie ; 5, Arithmétique ; 6, Astronomie; 7, Harmonie (c’est-à-dire Musique). ” Après avoir donné chaque fois une description de tout l'extérieur, c’est-à-dire de la physionomie de l'expression, du vêtement et des instruments, l’auteur trace un tableau symbolique et allégorique de l’art particulier; les jeunes vierges de Mercure exposent ensuite elles-mêmes une idée sommaire

4. L. II, 1435. Le style allégorique ne s'embarrasse guère du manque de goût le plus complet; cela avait lieu aussi au moyen âge. 2. En tant qu’elle défend l’aliénation de la dot.

de leur science, sous forme de chapitres e mement sec. Ici l’auteur procède en comp tout à fait arbitraire; tantôt il est sobre d les prodigue; tantôt même il omet des par!

ces arts. Il conserve cependant, en tout l’o son récit : non seulement le public, com] provoque les Arts à prendre la parole, mai:

au silence; on voit aussi certains de ces a donner le plaisir de faire leurs observation d'exprimer en termes plus ou moins vif éprouvé; bref, chacun tâche de placer so l'heure avancée, la Médecine et l'Architect la parole. La nuit est presque venue, lorsq la dernière faire son discours; dès qu’elle pagne la fiancée dans la chambre nuptial berceuse. Il ne reste plus enfin à l’auteur quelques vers, congé de ses lecteurs. — T tion de cet ouvrage, qui, par son agencem moyen âge et dans lequel l'imagination la :

à l'esprit le plus aride.

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