‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 270 sur 382 · MARTIANUS CAPELLA · texte numérisé non relu

MARTIANUS CAPELLA

veut se marier. Après avoir soupiré en vain pour Sophia, Mantice et Psyché qui le refusent, Virtus lui conseille de s'adresser à Apollon: celui-ci lui propose (1. I, 22) la Philologie, la plus savante fille de la famille antique; c’est une amie du Parnasse et qui connaît les mystères des Enfers aussi bien que la volonté de Jupiter, et la profondeur de l'Océan tout autant que le royaume des astres: en un mot, elle est la science encyclopédique. Mercure accepte la proposition, et la Vertu en est ravie. Tous trois donc, accompagnés des Muses et au milieu de la musique des sphères, ils s'acheminent à travers le ciel et pénètrent dans le palais de Jupiter qu'ils trouvent auprès de son épouse. Apollon lui expose les vœux de Mercure. Jupiter faisant difficulté de s’y rendre, Pallas propose de réunir en conseil « les dieux déjà mariés et les déesses vénérables par leur âge » (et dearum grandaevas), et de soumettre cette affaire à leur décision (1. I, 4). L'auteur fait ici le tableau de cette assemblée des dieux, parmi lesquels se trouvent également plusieurs personnages purement allégoriques de la mythologie romaine postérieure, comme: Valitudo, Verisfructus, Celeritas, tandis que Discordia et Seditio s’en voient refuser l'entrée. Sur la proposition de Jupiter, l'assemblée décide en faveur de Mercure; mais il faut que ls

fiancée soit élevée au rang des dieux ; ce privilège sera du

reste désormais accordé aux mortels qui auront fait des actions d'éclat. La Philosophie doit annoncer au monde la décision de ce sénat suprême, décision qu'on a gravée sur des tables d'airain.

Tel est le fond du premier livre. Dans le deuxième, nous voyons apparaitre la fiancée, qui manifeste des craintes au sujet de son union avec un dieu, malgré le grand amour qu'elle a pour lui; mais après un long calcul, elle reconnait, par les nombres qui forment son nom et celui de son fiancé, que ce mariage est très convenable pour elle. La mère Phronésis s'occupe de sa toilette pour la cérémonie, et lui ceint sa propre ceinture. Les Muses chantent en son honneur; quatre femmes vénérables, les quatre Vertus cardinales (1. LI, 127), viennent la saluer. Les trois Grâces s’approchent à leur tour: l’une la baise au front, l’autre sur la bouche, et la troisième

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