‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 273 sur 382 · Cassiod., Var. I, Ep · texte numérisé non relu

Cassiod., Var. I, Ep

4, L. c. Ï, Ep. 45, I, Ep, 40.

dont il jouissait auprès du roi, Boëce fut pourtant soupconné de prendre part à un complot tramé à Byzance : on l’entendit en effet défendre avec une grande hardiesse le sénateur Albinus accusé de ce crime; il alla jusqu’à dire : « Si Albinus est coupable, je le suis aussi, et tout le sénat avec moi. » Ses ennemis personnels, qui l'avaient dénoncé, l'accusèrent encore de magie (1). Or, appelé à se disculper, il fut abandonné par ce même sénat dont il avait pris la défense (2), et qui le condamna à mort. Jeté dans la prison de Pavie, ilfut exécuté plus tard, en 525, et périt au milieu de supplices atroces. Une tradition fait coïncider sa mort avec la persécution du catholicisme dans la personne du pape Jean, qui fut mis en prison par ordre de Théodoric et y mourut peu de temps après Boèce. Celle tradition le regarde comme un martyr

a chrétien ; elle se trouve tout d’abord dans la haute Italie, et surtout à Pavie où il fut honoré comme tel (3). C'était là un motif pour que le sort de Boèce et sa personne elle-même devinssent le sujet de la poésie, au commencement du moyen êge.

L'importance de Boëce est universelle à un double point de vue pour l’histoire de la littérature et cela, d'abord par les efforts qu'il fit, pendant sa vie toul entière, pour rendre accessible à ses compatriotes latins la science de la Grèce, au moyen de traductions et de commentaires; et, ensuite, par

4. .… « Ob studium propensius in senatum morti proscriptionique damnamur : o meritos de simili crimine neminem posse convinci ! cujus dignitatem reatus ipsi etiam, qui detulere, viderunt, quam uti alicujus sceleris ammixtione fuscarent, ad ambitum dignitatis sacrilegio me conscientiam polluisse mentiti sunt. » Ainsi s'exprime Boëèce lui-même, dans la Consol. de la Philos. I, pro. 4. Nitzsch (Nachtraege) montre également que le mot sacrilegium doit être pris dans ce sens-là, mais il ne voit pas qu'on peut seulement expliquer ainsi le passage (que je ferai remarquer encore dans l'analyse de la Consol. de la Philos.) où la Philosophie dit (I, pro. 3). « An te, alumne, desererem nec sarcinam quam met nominis invidia sustulisti, communicato tecum labore partirer ? » Les études mathématiques, et surtout

” les études astronomiques, de même que les connaissances sur la mécanique, rendirent encore plustard,au moyen âge, suspect de magie ; il en était aussi de même d'un savoir encyclopédique.

2. V. Consol. Philos. 1. c. Cf. Dabn, Koenige der Germ. II, p. 172 sq.

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