‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 274 sur 382 · ÉCRITS SUR LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉCRITS SUR LA LOGIQUE

l'ouvrage célèbre qu'il composa lui-même dans son cachot, le livre Dé consolatione phalosophiae, un de ceux qui trouvèrent le plus de lecteurs au moyen âge. C'est à ces efforts que le moyen âge dut la majeure partie des connaissances profanes, puisqu'on peut considérer les ouvrages de Boëce comme les manuels où il puisa son instruction. Quoique son livre De consolatione soit le seul des ouvrages de Boëce qui appartienne au cadre de notre étude, cependant l'importance des autres pour l’histoire de la civilisation est telle que nous allons donner une rapide analyse de ceux qui nous intéressent le plus.

Traduire les œuvres complètes d'Aristote et tous les dialogues de Platon, et montrer ensuite l’harmonie de leur système dans les questions principales, telle était la tâche que

Boèce s'était proposée, ainsi qu'il le dit lui-même dans sa

traduction de l'ouvrage d’Aristote, De interpretatione. Mais il ne mena ce vaste plan à bonne fin qu’en ce qui concerne les écrits d'Aristote sur la logique; la manière dont il les commenta eut une influence décisive sur la méthode dont on se servit, au moyen âge, pour enseigner la logique. Cette influence ne tourna pas, il est vrai, à l'avantage de la science; mais il faut dire pourtant que ce désavantage fut amplement racheté par ses traductions fidèles des écrits d’Aristote et de leurs commentaires grecs, et aussi par ses propres explications ; diffuses 1l est vrai, mais adaptées à toutes les intelligences, celles-ci, jointes ensuite aux autres travaux, facilitèrent aux temps à venir l'étude de la logique et transmirent au moyen âge la science de l'antiquité. Parmi ces travaux de Boèce, les plus importants étaient ses commentaires, ainsi que sa traduction de /sagoge de Porphyre, ce livre classique entre tous au moyen âge (1); c'était ensuite la traduction commentée des Catégories et celle du livre De interpretatione, qui subit un double remaniement : l’un à l'adresse des commençants, l’antre à celle des élèves déjà avancés dans leurs

4. Il composa en premier lieu — comme essai, à ce que.pense Stabr, p. 216 — une explication et une critique, en deux dialogues, du remaniement de cet ouvrage par Victorinus ; ensuite « Commentariorum in Porphyrium a se translatum libri V. »

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études. Ce dernier travail, bien plus développé que celui qui était destiné aux commençants, comprend six livres : l’érudition et la sagacité du jugement en font, dans l'espèce, le plus remarquable écrit de Boèce (1). Mais il est bon de dire aussi que ce domaine n’est pas le seul où s'étendit son activité littéraire. Nous avons encore de lui deux livres De institutione arithmetica ; c'est un remaniement de Nicomachus, car, ainsi que le dit Boëce lui-même dans la dédicace qu'il en fait à son beau-père, il ne s’en est pas tenu à une simple traduction. Ses cinq livres De musica ont encore une plus grande importance; basés sur des ouvrages grecs, ils ont fait passer au moyen âge la théorie de la Grèce sur l'harmonie, et nous voyons également les maîtres les plus illustres du moyen âge, Hucbald, par exemple, appuyer, en majeure partie, ‘leur théorie sur les écrits de Boëce (2). Cassiodore nous apprend (3), qu’il traduisit de plus la géométrie d'Euclide; cette traduction ne semble pas être un ouvrage qui nous est parvenu sous le nom de Boèce et qui a pour titre Ars geometrica. D'après Cassiodore encore, Boèce aurait traduit un ouvrage de Ptolémée sur l’Astronomie et un autre d'Archimède sur la Mécanique.

C'est par ces ouvrages que Boëèce devint l’instituteur du moyen âge. Mais après sa chute, il ëèn composa un autre, dans le silence de la prison; c’est le livre Sur la Consolation de la philosophie; pour ce même moyen âge, il donna à penser, d'une manière purement spéculative, sur les questions les plus importantes de la vie de l’homme. Ce livre, auquel l'intelligence, l'imagination et le cœur ont chacun leur part et qui, pour cette raison, offre un intérêt général, nous fait connaître l’auteur sous un tout autre jour que ne l'ont fait les ouvrages ci-dessus mentionnés. Dans ces derniers, en effet,

1. V. Stahr, p. 224 et Pranti, p. 680. Pour ce qui est des autres ouvrages, mentionnons encore ici ses traductions des Analytica et des Topica, ainsi que son commentaire prolixe, et conservé seulement par fragments, sur les topiques de Cicéron.

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