HISTORIA FRANCORUM
chapitre complètement indépendant et détaillé dans lequel saint Grégoire donne un aperçu historique sur les évêques de Tours, dont il nous transmet la série complète. En terminant, l’auteur parle aussi de lui-même et profite de cette occasion pour dire un mot de ses œuvres.
Dans les cinq derniers livres, qui forment le corps de l’ouvrage, on voit l'intérêt personnel de l’auteur occuper davantage le premier plan, ce qui correspond au caractère des Mémoires; mais la différence qui en résulte, par rapport à la narration des livres précédents (abstraction faite du premier, bien entendu), n’est pas si grande qu'elle devrait l’être; la raison en est que saint Grégoire, selon la judicieuse remarque de Loebell, prend d’abord et surtout intérêt à tout ce qui est personnel, et cet intérêt a rapport à la tendance morale et religieuse qu'il poursuit dans sa narration où, même dans cet ouvrage, ne se dément jamais le pasteur des âmes. Ainsi qu'il le dit dans la préface, l'auteur veut mettre au jour les luttes (certamina) des impies et la vie des justes; il veut, dit-il encore au début du livre deuxième, parler soit des vertus des Saints, c'est-à-dire encore de leurs miracles, soit de la ruine (strages) des peuples : pour saint Grégoire également, l’histoire universelle n’est autre chose que l’histoire du royaume de Dieu;
l'Église est, pour ainsi parler, l’exposant de l’histoire univer.
selle, et tout ce qui arrive n’a d'importance qu'autant qu’il se rapporte à l’Église. L'auteur voit l’action de la Providence dans le destin des individus : tout réussit à Clovis, ce défenseur intrépide du catholicisme, tandis que les princes hérétiques périssent l’un après l’autre. L'intérêt qu'il prend à tout ce qui est personnel, à tout ce qui est individuel et qu'il peut contempler d’une manière immédiate, voilà ce qui donne justement à l'ouvrage de saint Grégoire un charme particulier et entraînant, qui rachète toutes les faiblesses et tous les défauts qu'on y remarque. C'est là, suivant l'observation de Loebell, un caractère propre à l’histoire en décadence et aussi, selon moi, à l’histoire qui débute, ce qui constitue le trait propre des Mémoires. Cette narration, qui résout l’histoire en des récits particuliers sans pouvoir même les rattacher par un lien intérieur, est inculte et peu habile, il est vrai : toutefois,
SN } et.
nes PL AE
on peut le dire, elle conserve une inépuis attache toujours de nouveau : cette qualité qui règne dans tout ce qui est individuel et « avec une naïve fidélité.
Parmi les écrits ecclésiastiques que nous de saint Grégoire, sept livres, comme il le traitent des Miracles (Miracula); il ne const plein d'unité; ce sont des ouvrages à part nant un autre livre, le huitième, forment ur phique réuni par saint Grégoire, peu de mort (2). Quatre seulement sont étroitem composés à des époques plus ou moins éloi autres (3), ils aient été édités à part et à di Ce sont les quatre livres De miraculis S.
Monod, le premier aurait été composé en 51 entre 577 et 581, le troisième entre 582 :
quatrième entre 591 et 594. Dans l’épitr ouvrage et qui est adressée à ses diocésai dit que Dieu confirme, en faveur de la foi, fit pendant la vie et par le ministère de sa miracles mêmes qui ont lieu chaque jour :
sont ces miracles « actuels » que saint G
. Connaître à la postérité autant que le lui pe l'entreprise est hardie, mais il ne la tente visions qui l'y engagent : c'est sa mère qui | ne pas répéter ce qu'ont dit à ce sujet ses pi
1. Hist. Franc., |. X, à la fin : « Decem libros hi raculorum, unum de Vitis patrum scripsi : in Ps unum commentatus sum, de cursibus etiam ecclesias didi. » Le premier 'des deux livres nommés en de conservé,
2. V. De gloria conf., Prol. : Par le fait que l'ou est nommé ici comme livre septième, tandis que le li par contre, l'ouvrage De gloria confessorum, il s’e « VIE mireculorum libri » (v. rem, précédente) ne dés plet. Iln'y & pas non plus de préface pour le tout (1 rem. 2)
3. À partir du troisième livre, selon l'époque où av miracles ou bien selon qu'ils parvenaient à l8 connait 1. IL et 1. IN à la fin.