‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 323 sur 382 · DE MIRACULIS S. MARTINI · texte numérisé non relu

DE MIRACULIS S. MARTINI

pice Sévère et Paulin, il se borne aux miracles opérés par saint Martin après sa mort. C'est par erreur qu'il croit que ce Paulin était saint Paulin de Nole. Toutefois il rapportera plusieurs des miracles qui ont eu lieu avant son époque, et, parmi eux, il s’en trouve d'une nature toute légendaire (1) qui ont, par conséquent, un charme tout poétique. Les autres, ceux notamment qui ont été opérés en sa faveur, sont en majeure partie des comptes-rendus peu intéressants de guérisons concernant toutes les infirmités corporelles imaginables. Ces miracles ont eu lieu ordinairement par l'intermédiaire d'objets qui ont été en relation avec le tombeau du Saint, de ‘la poussière par exemple, ou de l’eau dont on l’avait lavé, ou encore un morceau du rideau qui le recouvrait; on employait la poussière et l'eau comme médecine, et, comme tels, on les emportait avec soi en voyage et on les expédiait également (2). On peut voir, à la fin du livre troisième, comme saint Grégoire met la poussière du tombeau de saint Martin au dessus de tous les remèdes (3). L'attrait qu'ont les détails concernant l'histoire de la civilisation manque même ici en grande partie (4) : le lecteur ne conserve que l'impression triste et monotone d’une crédulité extraordinaire.

Les autres livres de Miracles ont vu le jour pendant la composition de ceux qui ont trait à saint Martin : c’est en premier lieu, le livre des miracles de saint Julien, composé entre 582 et 586. D'après le récit de la passion de ce martyr, qui naquit à Vienne et se retira dans le pays des Avernes, ce livre traite des miracles que saint Julien opéra après sa mort et qui sont de la même nature que ceux qui furent opérés par saint

4. V. par exemple I. I, c. 5 (par rapport à saint Ambroise), ou c. 9.

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