‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 337 sur 382 · HISTORIA DE REGIBUS GOTHORUM · texte numérisé non relu

HISTORIA DE REGIBUS GOTHORUM

de mal aux Romains que ne l’a fait le peuple goth. A la fin de la chronique des Goths se trouve, dans les meilleurs manuscrits du moins, un panégyrique particulier à la gloire de ce peuple, devant qui Rome s’est inclinée et qui a fait trembler tous les peuples de l'Europe (1). Il est juste aussi d'observer comment ce sentiment national espagnol se montre en tout son jour, quand l’auteur parle ici des conquêtes des dernières possessions romaines dans la péninsule ibérique. Ce n’est que maintenant, en effet, que l'Espagne est devenue une puissance complète et indépendante, ct ce résultat ne devait pas peu contribuer à amener une fusion enfin décisive de la population romane et de la population des Goths. .

Saint Isidore composa encore un livre historique : il continua, lui aussi, l'ouvrage de Gennade, lequel était une continuation du livre de saint Jérôme : De viris illustribus; il donna à son supplément ce même titre (2). Dans cet ouvrage il passe en revue vingt-trois auteurs, en commençant per Osius, évêque de Cordoue (3). Saint Isidore suit en général, l'ordre chronologique, et, tout comme Gennade: il donne d'abord un supplément à l'ouvrage de son prédécesseur, en citant des écrivains que celui-ci a passés sous silence et qui ont vécu, depuis le milieu du 1v° siècle jusqu'à la fin du v° (4. Vien-

4. On ne seurait le nier, l'authenticité de cet épilogue et de la préface également n'est pas à l'abri de toute attaque, L'épilogue devrait, en toute ‘hypothèse, avoir été ajouté par un contemporain, car la fin est écrite avec un sentiment qui respire la flerté de la victoire de Suinlila, peut-être même de Sisebut, sur les Romains, en Espagne. Veut-il parler de la victoire de l'un ou de l’autre roi ? Cela dépend de la question suivanie : Sisebut venait de fonder une puissance maritime ; tout consiste donc à rechercher dans quelle victoire la marine donna le coup décisif. Hertzberg (op. cit. p. 18 et 32) doute de l'authenticité de l'épilogue, tout comme de celle de la préface.

2. C'était dans la nature des choses ; Braulio l'affirme expressément ; le titre usité jusqu'à ce jour : De scriptoribus ecclesiasticis, n’est pas juste.

3. Les auteurs qu'on a ajoutés, en s'appuyant sur un vieux manuscrit, dans l'édition de Madrid et qui sont passés ensuite dans l'édition d'Arévalo, sont évidemment le fait d’une plume postérieure : à la tête de ces auteurs est le pape saint Sixte. |

4. 1] y mentionne également deux auteurs, déjà nommés dans Gennade, Euchérius et Hilaire d'Arles ; au premier, il attribue un livre, omis par Gennade et adressé à Hilaire, qui est peut-être pour cela nommé immédiatement

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