‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 345 sur 382 · GESTA REGNUM FRANCORUM · texte numérisé non relu

GESTA REGNUM FRANCORUM

comme l'ouvrage d’un philosophe de l’Istrie, qui s’y donne à lui-même le nom d’Éthicus, expression qui ne semble signifier ici que philosophe. Cette cosmographie ne s'offre point à nous comme une œuvre originale ; mais seulement comme la traduction d'un ouvrage que saint Jérôme aurait composé. Or, cette dernière affirmation n’est qu'un mensonge naïf, ainsi que le montre, dès le début, une citation du poème d’Alcimus Avitus, iv. IT (v. p.421); c'en est assez pour nous faire juger du caracère de l'ouvrage. C'est un pendant chrétien à ces duperies paiennes, telles que les histoires fabuleuses de la guerre de Troie, de Dictys et de Darès ; ce n'étaient aussi, disaient ces derniers (1), que des traductions du grec, et la dernière des deux nomme l'auteur latin bien connu, Cornélius Népos, comme son traducteur. De même que Dictys et Darès veulent rapporter des faits qu'ils ont vus de leurs yeux, de même Éthicus prétend avoir parcouru les pays fabuleux qu'il décrit. C'est ici, dans le domaine de la géographie, le mème charlatanisme que là, dans le domaine de l’histoire. Le contenu de ce livre est une compilation désordonnée de plusieurs ouvrages ; la deuxième partie surtout est prise des Étymologies de saint Isidore; mais l’auteur, qui n’a pas les moindres notions de la situation des pays, agrémente partout les emprunts qu'il fait d'articles souvent insensés ; ajoutez à cela des compositions, sorties de son imagination, relatives aux pays et - aux peuples et mêlées ensuite, dans un tableau emprunté en partie aux mœurs et coutumes d'autres nations connues. Dans ces passages, ce livre ressemble au Voyage à la lune, de Lucien, et encore plus aux Voyages de Gulliver, de Swift, avec la satire et lesel en moins, bien entendu. Le fond est donc un mélange de mensonge et de vérité, d'éléments propres et d'éléments étrangers ; de mème, la forme offre une sorte de bigarrure ; au milieu de ce langage qui jure avec la grammaire, tout comme celui de Frédégaire, on trouve des mots rares, anciens, voire même grecs, empruntés à des Gloses, ou bien

saint Jérôme etc. Paris, 1852, in-4; Recentionen von K.L, Roth in den Heideilberger Iahrbuchern. Jahrg. 47 und 48.

4. C'était vrai pour la première, v. Koerting, Dictys und Dares, Halle, 1974,

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encore des néologismes hybrides destiné:

d'érudition sur ce style d'ignorantin. Jer nalyse de ce livre, car, en dépit de sa di influence. Je me contenterai de faire rem qu'il prête déjà aux Turcs, lesquels jouer parmi les peuples de Gog et Magog, et sc les plus grands ravages à l'époque de | gendes et les allusions qui s'y. rapporter pour l'histoire de la littérature du moye:

celle d'Alexandre le Grand, qui sembl favori de l’auteur, et celle de la descend Troyens (1).

L'autre cosmographie, écrite en vers surtout au point de vue de la forme. Cer la versification d’un extrait du livre XIV dogies de saint Isidore et de quelques f avec les termes mème de l'évêque de Sév se peut. Outre quelques petites addilic qu'une exception en faveur de la partie q là, il paraît être original et il appuie dax c'est avec orgueil qu'il y parle des terres princes beaux et guerriers, de ces hommi gique, » terribles dans le combat; enfin:

mensurable » des Burgondes. On serait lui-même pour un de ces derniers; il est qu'il appartenait à l'empire des Francs.

l'opuscule, il est écrit dans ce tétramètre que rythmique dontnous avons parlé plu: d'un mètre des hymnes. L’ictus y règne trouve que par exception, c'est-à-dire là c

4. Roth pense que le passage (e. 26 init): « L Tylen navigavit, ques ille Brutanicas appellavi » de Brutus; c'es ce que nous ne voulons pas décit

2. Fertz, Ueber eins fraenkische Kosmographi. derts, in Philol. und histor, Abhandlungen der Berlin, aus dem J. 1845. Berlin, 1847, in-4. Da par celle étude, l'opuscule a pour titre: Versus de À rota.

ment lieu alors dans la langue de la conversation et dans les cercles où elle était encore parlée (par exemple : conjunctast); mais toutefois l’ictus entre çà et là en lutte avec l’accent du mot (1). Partout trois vers se réunissent pour former une strophe, comme dans les hymnes de Prudence et de Fortunat, qui ont le mème mètre; c’est apparemment sur elles qu'il a ptis modèle. La rime est assez fréquente, soit qu'elle rapproche les trois vers de la strophe, soit qu’elle n'en réunisse que deux (2). La langue présente les mêmes défauts que chez Frédégaire et chez Éthicus, surtout dans la syntaxe des prépositions (3). Le poème comprend cent vingt-neuf vers (4).

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