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a que les païens qui doivent craindre la mort : les chrétiens vont au-devant de la récompense éternelle. Dans ce monde, nous ne sommes que des hôtes et des étrangers. — Il termine en jetant un regard sur la réceplion bienheureuse qui les Ÿ attend dans la patrie, dans le paradis.
Es Voilà des indications suffisantes pour caractériser cet écrit D où le cœur chrétien trouve une expression pleine de vie et de fn chaleur : nous avons là un beau spécimen de l’éloquence par- Le. ticulière à saint Cyprien.
a Nous consacrons encore quelques lignes à apprécier en % détail un autre de ses écrits. Composé en même temps que le F précédent, il traite en partie des mêmes matières ; mais, ä comme le premier, il a un caractère apologétique : c'est la pe lettre : Ad Demetrianum. Demetrianus paraît ici comme Re le représentant des païens : Or, saint Cyprien rejette sur les A païens eux-mêmes un reproche qui consistait à faire retomber fe sur le christianisme toutes les calamités de cette époque si a éprouvée : le reproche n'était certes pas nouveau; mais ils le 7 rééditaient à l'occasion de la peste. Saint Cyprien les accuse à donc de provoquer la colère de Dieu, etc. ; il réfute leurs argu- 4 ments en montrant que le monde, entré dans un âge de L décrépitude, touche à sa fin. Depuis longtemps déjà, l’on a : prédit un tel état pour les derniers jours : le point de vue est donc le même que dans l'écrit précédent. Le vieux monde en effet s'acheminail vers sa fin. « Parmi les garçons nous voyons À des têtes grises; les cheveux tombent avant d'atteindre leur * pleine croissance ; la vieillesse n’est plus le terme et le cou-' ê. ronnement des années, mais on est vicillard avant l’âge. us :
[60, 61.] AD DEMETRIANUM, ETC. 13
— C'est ainsi que ce qui naît maintenant dégénère par l’âge du monde lui-même » (1). C’est en ces termes que S. Cyprien dépeint cetle décadence physique des anciens peuples à cette époque, décadence dont le fait nous est attesté d’ailleurs, et qui forme une circonstance décisive dans le développement historique du monde. — Dieu est courroucé non seulement parce que les païens lui refusent leurs adorations, mais parce qu'ils se livrent à la dépravation. « Vous vous plaignez, s'écrie saint Cyprien (c. 10), des ennemis extérieurs, qui oppriment l'empire, comme si la paix régnait sous vostoges. Vous vous plaignez de la stérilité et de la famine, comme si ces maux n'étaient pas un fruit de la cupidité plutôt que lerésultat de la sécheresse. Vous vous plaignez que la terre produit moins qu'autrefois, comme si ce qu'elle porte était donné aux indigents. Et la peste, que vous accusez, ne fait qu'augmenter votre culpabilité, parce que, convoitant la proie des morts, vous abandonnez les malades afin de leur rendre le salut impossible. Voilà pourquoi vous méritez cette punition du ciel. De plus, vous persécutez les serviteurs de Dieu ; mais sa vengeance les protège. Cependant, si cette calamité nous atteint comme vous, elle n’est point pour nous une punition : nous n'en souffrons pas comme vous en effet ; mais la foi et l’espérance maintiennent notre courage » (c. 48 et s.). En terminant, l’auteur fait une peinture des peines éternelles de l'enfer, et il exhorte les païens à se tourner vers Dieu, pendant qu'il en est lemps encore, et à sauver leurs âmes (c. 23 et s.). — Cet écrit nous montre plus exactement qu'aucun autre jusqu'où pouvait s'élever l'éloquence de saint Cyprien.
Parmi ses autres travaux il y en a deux qui contribuèrent puissamment à mettre en relicf le caractère particulier du catholicisme et qui, à cause de leur importance dogmatique, méritent au moins d'être mentionnés ici. Dans l’un, sur l'unité de l'Église, De unitate ecclesiæ, nous trouvons développé le
{. « Nec ætas in senectutem desinit, sed incipit a senectute. Sic in ortu adhuc suo ad finem nativitas properat, sic quodcumque nunc nascitur mundi ipsius senectute degenerat, ut nemo mirari debeat singula in mundo deflcere cœpisse, cum ipse jam mundus totus in defectione sit et in fine. »
dogme « hors de l'église point de salut »; dans l’autre, sur le travail et l’'aumôûne, De opere et eleemosynis, nous avons la doctrine que les théologiens étudient sous le nom de opus operatum. Les deux écrits durent le jour à des circonstances particalières (1).
Nous avons aussi de saint Cyprien tout un volume de lettres spirituelles adressées à des particuliers ou à des églises. Elles traitent soit des questions dogmatiques, soit des questions de pratiques ecclésiastiques ; c’est une source importante pour l'étude des antiquités et pour l'histoire ecclésiastique. Quelques-unes ont, avec un intérêt général et humanitaire, une valeur littéraire très grande : telles sont les lettres de consolation aux confesseurs (2), la lettre d'encouragement à l'Église de Thibaris à l’occasion de la persécution {3): le style de saint Cyprien s'y montre sous son jour le plus brillant et, en même temps, dans toute sa singularité.