SAINT COLUMBAN
tenant les représentants de la littérature universelle; ils prennent en main la direction. Mais leurs voisins celtiques, les Irlandais, sont leurs précurseurs dans leurs produits littéraires et, en partie même, leurs maîtres.
Saint CoLuwsax (1) nous en fournit lui-même un exemple frappant. Malgré son ascétisme austère, il conserva, jusque dans la vieillesse, l'amour dela culture esthétique des anciens, que lui avait inspirée l'étude de la grammaire pendant sa jeunesse. C’est ce qui se voit dans deux poèmes dont il est assurément l’auteur. L'un est un acrostiche, adressé à un certain Hunald; saint Columban s’y fait connaître comme l'auteur, par les lettres initiales. En considération de la caducité de la vie présente, il exhorle son ami à ne songer qu’à l'éternité et à renoncer à toul ce qui est inutile et superflu sur la terre. Tel est aussi le contenu de la longue lettre à Séthum, Epistola ad Sethum. Ici, également, l'ascète exhorte « au mépris des j« de la vie qui ne fait que passer, » au mépris de la riche surtout : ce qui doit en tenir lieu, ce sont « les dogmes di loi divine, c'est la vie chaste des saints Pères et tout ce qu’ écrit auparavant les maîtres de la vie spirituelle, ou qu'ont chanté, dans leurs poèmes, des poètes savants et ple d'éloquence (v. 44 sq.). » Saint Columban sssigne à une place, parmi les trésors impérissables, à la littérature la poésie, lors même qu'il ne parle ici que de la poésie ch tienne. Il faut penser à la vieillesse, continue-t-il ensuite il fait un portrait si saisissant des infirmités de cet Age, qu sent bien qu'il parle d'expérience. Comme l’acrostiche, c« épître est en hexamètres. Mais en voici une autre, Eptstola Fedolium, qui est remarquable parle rythme; si l'on en exce la fin, où se trouvent six vers hexamètres, elle est en e écrite en vers adoniques, peut-être à limitation du poème Y 1. I, dans la Consolation de Boèce. Ces vers qui ne sembl qu'un pur jeu de forme (2), sont adressés à un ami de si Columban et nous fournissent un trait caractéristique p'
4. In: Maxima Bibliotheca veterum patrum et antiquor. scripi ecclesiasticor, Ed. Lugduni, 1. XII, 4677, in-fol., p. 33 et sq. 2. Saint Columban l'appelle elle-même frivola nostra.