DE TEMPORIBUS. DE TEMPORUM RATIONE
temporum ratione. Ce dernier fut précédé par la composition d’un petit livre, De temporibus, qui ne contient que les lignes principales dudit ouvrage chronologique. L'auteur l’avait écrit en 703 (v. c. 14), et y avait consigné également les principaux traits de la chronique universelle; il y avait inscrit non seulement moins de dates, mais encore moins de faits, etil ne l'avait rédigé pour ainsi dire qu’en style abrégé, à la façon du style lapidaire. Pour rendre sensible le rapport matériel des deux ouvrages, comme celui des deux chroniques quiles suivent, je ferai remarquer que, dans l'édition de Giles, la sec-
tion chronologique du livre, De temporibus, comprend neuf
pages; celle de l'ouvrage De temporum rätione en a par contre cent vingt-neuf; la chronique du premier ouvrage n’en occupe que six et demie, et celle du dernier soixante et une. Le grand ouvrage chronologique n’est donc que le développement du petit, quoiqu'il le soit sur une grande échelleet avec l'addition de chapitres tout nouveaux. Ainsique Bède s'exprime dans la préface, c’est sur la prière de ses « frères » qu'il l’entreprit: ceux-ci trouvaient que le livre De temporibus ne développait point assez le sujet. Nous allons entrer dans quelques détails sur le fond de ce livre qu'Ideler (1) appelle « un manuel complet de chronologie pour les dates et les fêtes. » L'auteur y traite en effet de la dactylonomie ou art de compter sur les doigts, de la division du temps, des poids (2), du jour, de la nuit, de la semaine, et à cette occasion de ce qu’on appelait la grande semaine (3), celle des Ages du monde (c. 40), enfin des mois, tant chez les Romains que chez les Hébreux, les Égyptiens, les Grecs et les Angles ; c’est par patriotisme qu'il parle de ces derniers (4). Viennent ensuite les signes du zo-