SERMONES. EPISTOLAE
les premières sont de beaucoup les plus nombreuses. Se les dernières nous regardent plus spécialement et elles offrent plusieurs côtés intéressants pour l’histoire de la lisation. Si nous faisons entrer en même temps dans le « de notre étude, les lettres adressées à saint Boniface e nous ont été conservées avec les siennes, nous verrons la qui revenait à des femmes distinguées de la nation ar saxonne dans la culture de leurs compatriotes, comme avons déjà eu l’occasion de le remarquer en étudian ouvrages d'Aldhelme. Dans plusieurs lettres de ces religie etde ces abbesses, nous retrouvons le style fleuri d’Aldhe joint à une expression pleine de tendresse (v. par exe Ép. 14); c'est ainsi qu’on appelle saint Boniface « frère. aimé », et que ses lettres sont qualifiées de « très douc Souvent saint Boniface se fait procurer des livres par ces mes, ou même illeur en donne à copier : c’est ainsi que le voyons prier la savante abbesse Eadburga, de copie lettresd’or, les Épiîtres desaint Pierre, ut miki cum auro coi bas (Ép. 32); c’est cette même Eadburga qui avait enseig métrique à Lioba, ainsi que cette dernière l'écrit (Ép. 23 Parmi ces lettres, il y en a deux qui nous font le réc diverses visions, et qui, partant, ont un intérêt spécial l'histoire littéraire. Une de ces visions, très détaillée, e: contée par Winfried lui-même (Ép. 40) à l'abbesse Eadb: qui l'avait prié de lui en faire le récit. Winfried la rap telle qu’il l'a entendue de la bouche même du person! Ce dernier l'avait eue dans le monastère de Wenlock, : avoir succombé à une mort qui n'était qu’apparente. anges, dit-il, l’élevèrent dans l'air et le protégèrent de mains seules contre les flammes d’un feu énorme qui en le monde entier. Il vit alors une multitude innomb d’âmes qui venaient de quitter leurs corps, et tout auta démons et d’anges qui se disputaient la possession de ces 4 Ilentendit ses vices, empruntant sa propre voix, l'accuse même de la manière la plus cruelle : « Je suis ta conc cence, » s'écrie l’un, et « moi ta vanité, » reprend l’autre Toutes les fautes qu'il a commises, ils les lui reprochaie les esprits malins se joignaient à eux pour l’accuser. Per 1 ai
vie il avait blessé un homme, qui est mort maintenant et ii vient témoigner contre lui. Mais voilà que les vertus avancent pour prendre sa défense; chaque vice qui l'accuse ouve un adversaire, qui le défend, dans'la vertu opposée : les iges sont de l'avis des vertus. Le procès se termine donc à navantage. Mais pendant qu’on instruisait sa cause, il a vu 1e quantité de puits de feu, qui conduisent à l'enfer; des nes, semblables à des oiseaux noirs hurlant et gémissant une voix humaine, voltigent aulour des flammes qui s'éappent de ces gouffres, ou bien, elles sont assises au bord ces puits d'où sortent les cris et les lamentations des dam- : pour une éternité. Ces âmes iront, après le jugement rnier, dans le lieu du reposéternel ; elles ne sont donc qu’en irgatoire.
D'un autre côté, il aperçoit un lieu plein de parfums; c'est paradis; il voit encore un fleuve de feu et de poix bouillante brûlante, et, au delà de ce fleuve, se dressent les murailles splendissantes, immensément longues et élevées, de la Jérulem céleste. Une passerelle conduit de l’autre côté du fleuve: ;« saintes âmes » cherchent à le traverser, mais un grand mbre tombent dans ce fleuve de poix et s'y enfoncent les 1e8 un peu plus, les autres un peu moins; toutefois ce n’est e pour en ressorlir plus brillantes et plus belles, et pour indre l’autre rive. Ce sont là les-âmes de ceux qui sont prts sans être purifiés complètement des fautes vénielles. ‘te peinture, on le voit, est une compilation tout originale différentes visions antérieures (1). Remarquons en outre que narrateur voit les démons attaquer l'âme d’un homme qui 2st pas encore mort; les anges renoncent à la défense de Lie âme, qui se trouve alors exposée aux tourments que lui Îigentles esprits infernaux : cette âme est celle de Céolred, i de Mercie. Les anges rappellent enfin le moine de Wenlock la vie, et ils l’exhortent à se confesser et à faire pénitence. L'autre vision n'est qu'un fragment, conservé dans une tre ; la lettre ne semble pas appartenir à saint Boniface (Ép.
1. Cf. entre autres, plus haut p. 584 où — dans saint Grégoire le Grand le fleuve signifie l'enfer.