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langue, elle se donnait à elle-même le meilleur témoignage de sa véritable vie en créant, par le moyen de ses propres racines, maintes expressions.
La littérature latine du moyen âge constitue donc une partie intégrante de cet organisme littéraire. Sa connaissance est tout aussi indispensable, plus indispensable même que ne l’est, pour connaitre pleinement l'mstoire d’une seule littérature particulière, celle des autres littératures les plus importantes. Elle a en effet développé les littératures nationales ; c’est elle qui a fourni, pour certains genres, les exemples ct les modèles ; c’est aussi sous son influence que se sont formés le langage poétique et la prose elle-même. Dans ce premier volume, je m'occupe seulement de cette littérature latime; je fais voir ses développements et Je remonte Jusqu'à son origine qui, à la vérité, va bien au delà des limites du moyen âge. Ce regard en arrière est nécessaire pour en comprendre l'historique, et pour étudier, dans leurs phases diverses, les éléments de la culture intellectuelle du moyen âge qui ont été d’une grande influence sur les littératures nationales.
La littérature chrétienne latine est donc envisagée ici en tant qu'elle nous fait comprendre la littérature du moyen âge, et comme une parte de cette littérature. Il va de soi que j'entends parler de la littérature dans son sens strict, c'est-à-dire de la littérature générale qui représente les littératures nationales postérieures et qui seule a exercé unc influence directe sur elles ; cette littérature s'adresse au public tout entier. Je n'ai pas cependant exclu la littérature scientifique, mais je
PRÉFACE qu] it entrer eu ligue de compte dans la mesure seut où les ouvrages particuliers dont elle s'occupe sssaient à l’ensemble de la société chrétienne ou oins exerçaient sur elle quelque influence. J'ai : fait le part des ouvrages qui ont une importance ile, mais indirecte, pour la littérature générale. ainsi que, parmi les ouvrages théologiques, ceux raitent de l'apologie, de la morale pratique, de tisme ou de l’histoire entrent entièrement dans
cadre, et, par exception seulement, ceux qui 1pent de dogmatique spéculative ou de polémique. wix offrait plus d’une difficulté : pour chaque cas “ulier, il doit, quand je n'en dirai rien, se justifier i-même en raison du plan que je viens d'indiquer iprès la disposition complète de cet ouvrage. mème que l’idée et le plan que j'ai adoptés proit de la manière de traiter l'histoire de la littéraen tant que science historique, ainsi les principes tte science ont dirigé mes recherches. Les remarcelles du dernier livre surtout (1), montrent toute ortance qu'il fallait accorder à la critique de l'hislittéraire. Dans leur forme concise, nécessitée
est fucile de voir que j'i laissé, sous Là rapport monogrsphique, up à faire aux recherches privées; dans l'occasion, je ne manque pas ire la remarque. Puisse mon livre encourager de telles recherches ! ermets d'indiquer ici quelques sujets : Parallèleentre M. Félix et Athé- ; l'ouvrage de Tertullien ad nationes, el ses rapports avec l'apoloet avec M. Félix ; le poème de Phænice et Laciance ; les poèmes 5e à Juvencus (v. p. 133, Rem. 2! ; les sources des livres de Vüris . de St-Jérème et de Gennade ; le poème adcersus Marcionem 301 Rem. 1, de l'éd. allemande) ; comparaison de la chronique de r avec ses autres écrits; l’époque de S. Fulgence (p. 453, Rem. 2 de lemande) ; les Variæ de Cassiodore, etc. :
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par le manque d'espace, elles ne s'adressent souvent
qu'aux initiés ou du moins elles exigent que le lecteur sache. s'orienter dans ces matières ; j'aurais été, sans cela, entrainé dans de trop longues digressions. L'ordre de mon travail est, en général, celui de la succession des écrivains eux-mêmes, toutefois, comme je ne compose pas une chronique, je me suis permis de temps à autre une certaine liberté d’allure dans l'étude de telle ou telle période déterminée, où 1l s'agissait de ne pas disperser des genres homogènes. Le devoir de l’historien est de raconter les événements : celui du hittérateur est d'exposer le contenu des livres. J’ai apporté la plus grande exactitude à l’analyse des ouvrages, et telle est l'importance que j'attache à ce point, que je ne me suis jamais laissé rebuter par les longueurs du travail. Il ne faudrait pas. croire cependant que je condense ici de simples données analytiques ; je me suis proposé surtout, dans ce travail, de montrer la composition des ouvrages ; d'en faire voir la division, la liaison des parties et les transitions ; d’en révéler enfin la portée véritable et de mettre en lumière l’art de l'écrivain. De la sorte, je fournis au lecteur un guide pour s'orienter dans l'ouvrage tout entier et l'indication que je lui donne, par chapitres, versets, etc., des endroits les plus importants, fait qu'il a la possibilité de recourir lui-même aux endroits spéciaux de l'ouvrage et de s’instruire des moindres détails. Les particularités, qui sont d’une importance si grande pour la littérature du moyen âge, se trouvent fondues dans l'analyse, ou indiquées dans des remarques.
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Pour la bibliographie, je me suis restreint aux matériaux les plus nécessaires, aux éditions les meilleures et les plus importantes, aux monographies et autres travaux quiont conservé quelque valeur. Encore n'ai-je pas fait mention de travaux antérieurs et estimés quandils s’y trouvent déjà indiqués; ceci s'applique entre autres à ceux de Tillemont, auxquels je ne renvoie ici que’ rarement. Il m'arrive quelquefois,en parlant d’un auteur, de citer, par exemple, l'Histoire hitéraire de la France des Bénédictins, ou encore les travaux d'Ampère, puis de les passer sous silence en m'occupant d'un autre auteur; cela est fait à dessein, selon que l’article indiqué m'a paru avoir ou non quelque importance ou quelque utilité. Quiconque veut s'occuper, en détail, de monographies, peut consulter atilement l'ouvrage connu de Baehr (1), dont le mérite principal consiste dans la richesse des bibliographies. Il ne faudrait pas cependant fonder une espérance trop absolue sur le titre des livres : la plupart de ceux que cite Baehr — à l'exception de ceux que je cite moimême — ne sont qu'une marchandise dépréciée, utile cependant pour faire connaître la Zftérature sur le sujet; çà et là on voit également cité un ouvrage dont on ne trouverait autre chose que le nom de l’auteur. Quelque louables que soient les efforts de Baehr, et quelque reconnaissance que je lui doive, il est juste de
1. Les poëtes chrétiens et les historiens de Rome. Deuxième édit. revue et augmentée, Carlsruhe, 1872. — Il faut y ajouter la deuxième partie de la Littérature chrétienne-romaine : théologie romaine et chrétienne, avec un appendice sur les sources du droit. Un coup d'œil sur l'histoire littéraire . Carlsruhe, 1837. Cette partie n’a pas eu encore une deuxième édition.
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dire qu'il s’est peu occupé du côté critique. Je ferai encore remarquer que, parmi les éditions citées, je marque d'un astérisque celle que j'ai moi-même mise à profit.
Dans la composition de la table des matières, je me suis laissé guider par l’esprit et la pensée de l'ouvrage ; je n’a donc signalé, en dehors des auteurs, que les noms et les choses offrant un certain intérêt pour la littérature générale ou pour l’histoire de la civilisation au moyen âge : on se convaincra néanmoins que j'ai laissé une certaine place à la littérature ancienne.
Le présent volume a un titre particulier et forme un tout complet ; toutefois, les résultats des développements historiques, tels qu’ils se déroulent plus tard, ne sont pas indiqués à la fin de ce volume ; ils appartiennent plutôt au commencement du volume qui doit suivre. Là seulement j'aurai à résumer, dans un aperçu général, le développement des hymnes, surtout en ce qui concerne la forme, et à montrer leur importance pour le perfectionnement de la poésie lyrique dans les littératures nationales. Mais ici, tous les points principaux de ces développements se trouvent déjà présentés en détail et disposés dans l’ordre chronologique.
Leipzig, le 31 mai 1874.
A. ÉBERT.