DE OPIFICIO DEI
Parmi les écrits de Lactance le plus ancien, et peut être le premier qu'il ait publié en qualité de chrétien, est le petit ouvrage De opificio Dei, composé (1) pendant la persécution de Dioclétien, vers l’an 304; il fut adressé à Démétrianus, son ancien élève, riche employé qui était aussi chrétien. Lactance veut par là lui donner connaissance de ses études quotidiennes et continuer son instruction dans une science préférable à celle d'autrefois. Il veut lui montrer, dans sa beauté et dans son but, l’organisme humain comme un« ouvrage de Dieu, » comme une création de la Providence. Cet écrit, qui doit être un supplément au quatrième livre de la République de Cicéron, a un caractère tout à fait philosophique, en sorte que quelques remarques seules font connaître incidemment le christianisme de l’auteur. On pourrait sans cela (en faisant naturellement abstraction du commencement et de la fin, où l’auteur traite de sa personne), le prendre pour l'ouvrage d’un stoïcien, vu surtout qu'il accorde un espace considérable à une polémique contre les épicuriens qui niaient la Providence. Il nous rappelle partout le passé païen et philosophique de Lactance; il nous fait connaître en même temps son éducation si classique, non seulement dans le sentiment vivant et maintes fois manifesté pour la beauté plastique, mais surtout en ce qu'il considère la beauté elle-même comme un motif décisif pour la formaion du corps humain. Aussi trouve-t-on là de spirituelles remarques. Ce livre nous fournit également un témoignage des connaissances de l'auteur dans les sciences physiques et naturelles, connaissances qui, à la vérité, ne dépassaient pas le cercle des études philosophiques de cette époque.
Mais l'ouvrage le plus important de Lactance, annoncé déjà à la fin de celui que nous venons de parcourir, composé aussi pendant la persécution de Dioclétien, entre 307 et 310 envi-
‘ron (2), et qui dut peut-être son existence à la persécution elle-même (3) ce sont les sept livres des Divines Institutions,