‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 47 sur 382 · Ebert, Op. c.,p · texte numérisé non relu

Ebert, Op. c.,p

3. Il parut alors contre le christianisme deux écrils ayant pour but de convertir ses adeptes au paganisme ; l’un d'eux se donnait comme l'œuvre d'un philosophe; c’est ce que Lactance nous dit tout au long, Znst., V,

Divinarum Instituhionum libri VII. Apologétique dans son origine, ce traité ne devait pas, comme d'autres, se borner à une défense et à une négation, mais bien « contenir la substance de toute la doctrine chrétienne (1) ; » l’auteur ne se propose que d'introduire les élèves dans cette doctrine chrétienne, pour les renvoyer alors à la source même (I, c. 41): ilemprunte, au droit romain, avec d'autant plus de raison, ce titre d'Institution, que la morale chrétienne repose sur la vraie justice « qui est la plus grande vertu, et même la source de la vertu » (V, c. 5). Lactance veut conduire les savants à la vraie sagesse et les ignorants à la vraie religion (E, c. 1). Les hommes désirent naturellement les deux choses (IE, c. 11); or, elles sont inséparablement unies seulement dans le christianisme, tandis que, dans le paganisme, elles sont séparées l'une de l'autre. Voilà pourquoi ni la vraie religion, ni la vraie sagesse ne se trouve chez les païens. On ne saurait adopter une religion sans la sagesse comme on ne saurait non plus taxer de sagesse une sagesse sans religion (2). On voit déjà par là que l'auteur s'adresse principalement aux plus instruits des païens et qu'il s'efforce de gagner ceux qui se laissaient de prime-abord déterminer à mépriser le christianisme à cause de la langue simple et populaire de la Bible.:Il faut, pense Lactance, mettre au bord de la coupe le miel de la céleste sagesse, afin que ceux qui ne sont pas sages puissent prendre, sans répugnance, la médecine amère. C'est ce qu'ont négligé la plupart des apologistes. Ces païens lettrés, qui ont déjà depuis longtemps renoncé à leur religion, apprendront enfin que le christianisme est aussi la seule vraie philosophie, et que la philosophie païenne au con-

c. 2, et il ajoute alors, au sujet de ces écrits (ibid., c. 4; : « 1] ergo, de quibus dixi, cum præsente me ac dolente — sacrilegas suas litteras explicassent, et illorum superba impietate stimulatus, et veritatis ipsius conscientia, et. ut ego arbitror, Deo, suscepi hoc munus, ut omnibus ingenii mei viribus accusatores justiliæ refutarem : non ut contra hos scriberem, qui paucis verbis obteri poterant, sed ut omnes qui ubique idem operis, aut effecerunt, uno semel impetu profligarem. »

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