‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 54 sur 382 · Instit.; 1. II, ec · texte numérisé non relu

Instit.; 1. II, ec

HÉES # QT .

[83.] DE MORTIBUS PERSECUTORUM 97

est contenue dans cette phrase. L'idée de « religion » contient déjà la crainte, c’est-à-dire la crainte de Dieu. Mais cette crainte n'existe plus si Dieu ne peut pas se mettre en colère; et la religion tombe ainsi d'elle-même. — Schræckh a déjà montré le défaut principal de ce livre (1); avant tout, dit-il, 1l aurait fallu développer ce qu'on entend par colère de Dieu. Lactance ne l'a essayé que par quelques vagues indications. Tels sont les écrits qui nous restent de Lactance : leur authenticité n'a jamaïs été mise en doute. Mais à lui aussi appartient certainement le plus ancien écrit historique de la littérature chrétienne-latine (2), lequel, d'après le caractère général de cette période, porte semblablement un cachet apologétique et polémique. C'est le livre De mortibus persecutorum, composé à Nicomédie (3) de 313 à 314 et qui est une des sources principales pour l'histoire de ce qu'on appelle la persécution de Dioclétien (4). Fidèle à son titre, il expose le genre de la mort, c’est-à-dire la triste fin des empereurs qui, à partir de Dioclétien surtout, ont persécuté le chrislianisme; il veut montrer comment le Dieu unique des chrétiens, vengeant son peuple des impies et des persécuteurs, fit éclater sa majesté, c'est-à-dire son empire universel en anéantissant les ennemis de son nom. Ce châtiment divin dans l’histoire, et parliculièrement dans l’histoire contemporaine, doit en quelque sorte prouver la vérité du christianisme et le néant du paganisme.

Page 1