‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 55 sur 382 · Histoire de l'Eglise chrétienne, V, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'Eglise chrétienne, V, p

2. Je crois l'avoir montré dans mes recherches citées plus haut. Et je le crois d'autant plus que j'avais auparavant douté davantage de son authenticité, de sorte que j'entrepris mon travail dans l'espoir d’arriver à un résultat opposé. Mon opinion est confirmée par la dissertation de Kehrein (Quis scripserit libellum qui est L. Cæcilii de mortibus persecutorum, Sluttgart, 1877) qui montre en détail que cet écrit concorde parfaitement avec les Insiitutions soit dans le vocabulaire, soit dans la syntaxe.

3. Ebert, op. c., p. 124. Ce livre est aussi adressé à Donat.

% Parmi les éditions complètes celle qui mérite d’être citée en première ligne est : Lacrance, Lib. de mort. persecut. Ed. classique. Texte revu sur Je manuscrit unique conservé à la Bibliothèque nat. avec notice et notes en français par Dübner, Paris, 4879. Ensuite vient l'écrit sur l'ouvrage luimême : Qua historiæ fide Lact. usus sit in libro de mort. persec., Marburg, 1862, et F. Gœærres, Mélanges pour la critique des sources de quelques historiens de la der niére époque des empereurs romains (dans le Philologus, vol. 36).

NJ

Une telle idée fait de ce livre un écrit historique de parti; et l'on a plutôt devant soi un livre de publicité qu'un ouvrage historique. Le récit qui va jusqu'à la victoire de Licinius sur Maximin et jusqu'à la mort du dernier, et qui ne fait que rapporter brièvement l'anéantissement des familles de Galère, de Sévère et Maximin par le vainqueur, commence enfin à entrer dans des détails avec Dioclétien. Les persécutions précédentes et la fin des empereurs qui les suscitèrent ne sont traitées que fort brièvement et en manière d'introduction (c. 2-6). Par là, l'histoire de son époque proprement dite, des années 303-313, forme la tâche que l’auteur s'est proposée, comme il le laisse deviner lui-mème en disant qu'il écrit pour ceux qui étaient éloignés du théâtre des événements, ainsi que pour la postérité (c. 1). C'est comme témoin oculaire qu’il écrit dans la nouvelle métropole de l'empire, siège du premier Auguste, et c'est immédiatement après la fin des événements qu'il raconte en dernier lieu, qu'il a composé et publié son livre. Il est rédigé d’après la tendance déjà indiquée : ce sont les empereurs qui, proposés comme « les grands et merveilleux exemples (1) » de la justice divine, occupent tout le premier plan du récit : il résulte de là que la narration prend souvent, dans la partie principale, un caractère biographique et que les persécutions ne semblent plus décrites que pour motiver la justice divine à l'égard des persécuteurs. C’est là aussi le motif de la peinture détaillée, que dis-je, pleine parfois de détails repoussants, sur la fin terrible de ces empereurs, laquelle doit servir d'averlissement ; et c'est là aussi l’explication de l'abus des couleurs voyantes dans ce tableau des persécutions. A ce double point de vue, l’auteur écrivit sous l'empire de la colère violente qui remplissait son âme contre les païens, et il était encore sous l'impression récente de la persécution dont lui

aussi, sans doute, avait été menacé. Du reste, mème dans les

Institutions, Lactance ne prend pas un ton différent, quand il parle de ces persécutions. C’est aussi manifestement à cet ouvrage qu'il a emprunté l’idée elle-même du livre De mortibus persecutorum. Les deux ouvrages concordent parfaitement

Page 1