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2. Voir à ce sujet s.'s propres sentiments dans la lettre 52 AdNepot.,'e. \,
et r. 4 init.
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manière, le génie chrétien s'allie à la culture antique dans les lettres de saint Jérôme : l'union est même si étroite que son style offre déjà, on peut le dire, un caractère moderne * L'auteur attache une grande importance, il l'assure lui-même, à la beauté de la forme et de l'expression. La connaissance qu'il avait des anciens offrait à son talent d'écrivain des ressources d'autant plus grandes qu'il joignait à ce talent beaucoup d'intérêt et de sentiment pour la langue elle-même. Sa narration se recommande par un style expressif et marqué au coin de sa forte individualité. C'est laque repose sa vivacité. Cette qualité le rapproche de Tertullien : mais il possède, comme contraste, une facilité d'allureset un sentiment pour l'élégance et la clarté qui manquent totalement à cet ancien Père. Il doit principalement au christianisme la première de ces qualités : c'est la culture classique qui lui a fourni la seconde. Mais, comme dans saint Jérôme le christianisme l'emporte sur la culture classique, il sacrifiera au besoin l'élégance aux mouvements individuels de l'expression. C'est ainsi qu'il n'évitera pas toujours des termes qui ne sont pas classiques, qui même ne sont pas romains. Son style nous révèle également la variété de son talent : pénétration d'esprit, saillies et jeux de mots, surtout lorsqu'il s'agit de manier la dérision; imagination enfin mobile et forte, qui se fait jour dans les portraits vivants et les peintures pittoresques qu'il s'entend si bien à esquisser (1). Plusieurs de ses premières lettres ne sont pas exemptes sans doute d'atlectation et de pathos; mais c'est la faute de son époque et de son éducation. Son tort personnel consiste à user de la chicane, comme le feraient des avocats et ta se servir, dans sa polémique, des sophismes et artifices des rhéteurs.
L'enthousiasme pour la vie ascétique, qui .remplit les lettres de saint Jérôme, et surtout ses nécrologes, a donné naissance à trois Vies de saints. Elles ont les plus grands rapports avec les nécrologes : la première en date est celle de Paul de
1. V. par ex. le portrait de Blésilla (Ep . 39) Ad Paidam; le tableau de l'invasion des Huns (Ep. 77) Ad Oceanum, c. 8 ; la description de l'île des Rochers où vit l'ermite Bonose (Ep. 3) Ad liufinum, c. 4.