Voy. Mommsen, c. Op., p. 680 et sq
2. C'est à quoi n'a pas songé Mommsen. Ainsi s'explique, par exemple, dans le passage qu'il cite p. 673 (première ligne) le « et, » lequel n'a aucun sens et doit à coup sur être remplacé par » aut. »
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qui, après lui, onl fait la chronique de leur Biècle en la rattachant à celle de sainl Jérôme. Si nous considérons, en effet, l'espèce de bigarrure des notices de ce livre, nous y verrons qu'on peut y trouver j u s< j i T;i quatre catégories principales. Ni. us les ramenons à l'ordre suivant : 1" Evénements politiques, combats, sièges, Béditions; avènement au trône el morl des imperatores, aussi bien que. des Césars; nominations d'employés supérieurs, par exemple, des préfets du prétoire, notamment en (lau le : achèvement d'édifices publics et importants. — 2. hve'nements ecclésiastiques, tel que synodes, ordinations des papes et d'évêques très en vue, leur mort; apparition d'hérétiques, persécutions des orthodoxes, martyre et funérailles.— 3. Evénements littéraires, indication des écrivains chrétiens et des philosophes païens, des grammairiens et des rhéteurs à l'époque où ils ont brillé de t out leur éclat. — ï. Phénomènes, tremblements de terre, inondations, éclipses ae soleil ; grêle, lamine, peste, etc. Toutes ces catégories sont traitées avec le même soin, quoique la deuxième occupe une plus large place ; mais la remarque que nous avons faite plus haut relativement aux additions faites par saint Jérôme au texte d'Eusèhe s'applique aussi au choix de ces notices : il est arbitraire; tandis que les événements les plus importants sont passés sous silence, nous voyons des données essentiellement secondaires, enregistrées pour des considérations toutes personnelles (1). Ajoutons à cela que la concision de l'expression, suite naturelle de ces ouvrages de nomenclature, s'était glissée alors dans le domaine de l'histoire; elle avait été mise à la mode par les bréviaires qui étaient en vogue : elle plaçai! donc en fait sur le même pied les événements les plus dignes de passer à la postérité et les moins importants. Saint Jérôme ne lit, en général, presque rien pour parer à cet inconvénient; c'est seulement lorsque l'intérêt personnel le stimule, qu'il s'étend longuement, même sur des faits
I. Pour ne citer qu'un seul exemple, mais frappant, nous trouvons dans la 11° année de Valenlinien : « Aquileinses clerici quasi chorus beatorum habenlur. » C'est par ie même motif qu'il nous donne des détails les moins importants sur la vie monastique.
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qui n'ont que 1res peu de valeur aupoint de vue historique (1)T.
Son travail n'était donc point dénature à indiquer la véritable route aux chroniqueurs de l'avenir.
Voilà quels sont les ouvrages de saint Jérôme qui, appartenant directement au domaine de la littérature générale, ont une valeur littéraire e! historique de la plus haute importance. Il a aussi, nous l'avons vu en esquissant sa vie, composé un certain nombre d'écrits polémiques, ainsi qu'une longue série de commentaires, assez étendus pour la plupart, sur des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, notamment sur les Prophètes. Ajoutons-y encore diverses traductions. Parmi les écrits polémiques, le premier en date nous offre un certain intérêt à cause de la forme artistique qu'il a choisie, je veux dire celle du dialogue. Il y prend à partie les Lucifériens et nousmontre un partisan de leur doctrine disputant contre un orthodoxe. Mais cette forme artistique rappelle encore l'école et c'est plus en avocat qu'en philosophe qu'il se sert du dialogue. Cette même forme se retrouve encore dans le dernier de ses écrits polémiques, dans les trois livres contre les Pélagiens. Dureste, cet ouvrage ne rentre pas plus quele précédent dans notre cadre, à cause du fond qui est purement dogmatique. Cette remarque s'appiique aussi, en général, à ses livres contre Rufin; mais, réunis aux apologies que ce dernier écrivit contre saint Jérôme, ils nous fournissent des renseignements précieux pour établir la biographie de notre auteur et le bien caractériser; la forme elle-même en est souvent brillante. Les écrits contre Helvidius, Jovinien et Yigilantius, dont nous avons indiqué plus haut le sujet, offraient un intérêt bien plus général; la polémique du premier est relativement modérée, tandis que, dans les deux autres, elle dépasse les bornes du goût et de la bienséance; on y trouve, au lieu d'arguments, assez souvent des injures et cela dans un style brillant d'avocat et de sophiste qui, plus que tout autre chose, montre la faiblesse de la cause défendue par saint Jérôme. C'est dans ses commentaires de la Bible, de même que dans
1. Par exemple, dans la 10e année de ValenLinien, la nouvelle qui concerna Melanie.
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ses versions, qu'éclate, plus encore que dans aucun autre de ses ouvrages, son immense érudition : bien plus, ils nous révèlenl chez lui un véritable esprit scientifique. Si sainl Jérôme ne renonce pas .1 L'explication allégorique, il veut pourtant, avant toutes choses, qu'on détermine le sens historique qu'il s'efforce d'établir en s'appuyant sur L'histoire, sm- L'antiquité et sur la langue. .Mais ses commentaires, par suite de cette tendance Louable, n'ont exercé aucune influence sur la Littérature générale. Par contre, son remaniement de la Bible latine oll're, au point du vue de la Linguistique, Le plus grand intérêt littéraire; l'Église, comme on sait, adopta ce travail. En fait d'expression latine, Le Livre des livres devait faire loi et servir de modèle à l'ensemble du clergé.