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Bernions rattacha j >I ■ i ^ encore que la forme. \ la lumière de la doctrine chrétienne il vil B'évanouir la plupart de ses doutes. L'explication allégorique donl se servait saint Àmbroise lu disparaître notamment à Bes yeux l'anthropomorphisme si rebutant de L'Ancien Testamenl el mil ce livre en harmonie avec la nouvelle Loi. Ce genre d'explication devait, en outre, fournir à l'activité de spéculation et d'imagination d' Augustin l'aliment qu'il avait précisément recherché dans le manichéisme. A. partir de ce moment, la Bible eut pour hii de tout antres charmes. — 11 se rattacha dune à l'Eglise, du moins comme catéchumène; il ne pouvait encore se résoudre à lui appartenir tout entier parle baptême, CET il ne se sentait point encore assez convaincu d'y trouver enfin cette vérité recherchée si Longtemps : il voulait arriver, pour la doctrine de la religion, à une certitude mathématique. Le scepticisme n'était pas encore complètement vaincu en lui. Les considérations et les questions les pins importantes, par exemple, celles de L'immatérialité de Dieu et l'origine du mal. le torturaienl encore : il n'y trouvait pas de réponse, on, du moins, les réponses qu'il avait ne le satisfaisaient pas.
Au milieu de celle phase d'angoisses et de doutes, quelques écrits néo-platoniciens, traduits dans La langue latine, lui tombèrent entre les mains. Il les étudia avec une curiosité d'autant plus grande, qu'il crul y découvrir plusieurs traits de parenté avec la doctrine chrétienne. Ces études produisirent en lui un remarquable eilet ; elles débarrassèrent son esprit des procédés encore sensuels qu'il avait pour se représenter les choses ; il put enfin concevoir Dieu d'une manière tout à fait spirituelle et ne voir dans le mal qu'une privation du bien [privatio boni). Mais l'affranchissement de son cœur n'était pas encore complet; il saisit de nouveau la Bible et ce fut surtout l'élude des lettres de saint Paul qui le gagna à la doctrine de L'Eglise relativement à la personne du Christ. .Maintenant plus rien ne manquait, il est vrai. ;i sa conviction chrétienne, mais il sentait que pour être, conformément à l'esprit de son époque, un vrai chrétien, un chrétien parfait, il fallait déplus mener une vie ascétique. Ce fut encore pour lui un long et rude combat avant de s'y déterminer. Plus que jamais il sem-
blait à la veille d'embrasser dans le monde cette carrière brillante, objet de son ambition; il nourrissait le projet de se marier, après avoir rompu, au prix des plus rudes sacrifices, des liens qui depuis des années l'attachaient à une femme; l'aiguillon de la sensualité semblait lui faire un besoin de ce commerce charnel. Eh quoi! il faudrait donc pour toujours renoncer à tout ce bonheur terrestre !... Un accident le sauva de ce pas difficile. Un Africain, son compatriote, étant venu le voir, il l'entendit parler, pourlapremièrefois, de saint Antoine et de l'effet admirable qu'avait pu produire, sur deux jeunes gens illettrés et déjà fiancés, l'histoire de sa vie écrite par saint Athanase : aprèsl'avoir lue, ceux-ci se démirent de leurs fonctions, pour se consacrer à la vie solitaire, tandis qu'à leur exemple, leurs fiancées embrassèrent la même vie et prirent le voile. Ce récit produisit une telle impression sur Augustin et le saisit si fortement, qu'il n'hésita plus à se consacrer pour toujours à la vie spirituelle.
II renonça donc à sa chaire de professeur (386) et se retira d'abord, aux environs de Milan, dans la maison de campagne d'un ami, afin de s'y préparer tout un hiver au baptême : la cérémonie devait avoir lieu à Pâques, l'année suivante. Là, dans un cercle d'amis qui parlageaint les mêmes idées; entouré de sa mère, de son fils Adéodat et de quelques élèves, il mena une vie religieuse partagée entre la philosophie et la contemplation : par manière de récréation, il surveillait les travaux des campagnes. Il causait philosophie avec les personnes de son entourage, comme pour chercher une compensation aux charmes du professorat d'autrefois ; or, c'est de ces conversations que sortirent les premiers écrits qui nous restent de lui. Us n'ont pas encore un caractère absolument chrétien ; c'est plutôt, dans un cadre chrétien, un tableau fait avec les couleurs de son éducation philosophique et de 'son commerce avec Platon. Revenu à Milan, il se livra, avec une nouvelle ardeur, à ses éludes, et l'enseignement oral du maître lit dès lors place aux enseignement de l'écrivain. Il commença un ouvrage sur les sept arts libéraux, la Grammaire, la Musique, la Dialectique, la Rhétorique, la Géométrie, l'Arithmétique et la Philosophie. La Grammaire seule fut achevée à