luurs PHILOSOPHIQUES 2GI
liculier), la géométrie, L'astronomie (1). — Pour être traités succinctement, res sujets n'en devaient pas moins avoir, pour le moyen âge, un intérêl sérieux etune valeur particulière.
Si le contenu seul do ces écrits leur donne de l'importance [pai cela même qu'ils nous montrent, en la personne de saint Augustin, comme une transition de la philosophie à la théologie.et aussi parce qu ils fournirenl le plus riche des aliments à la spéculation du moyen âge et qu'ils furent pour lui uni' école de dialectique), nous pouvons dire également que la forme de ces mêmes écrits n'exerça pas, surtout au point de vue de la dialectique, une moindre influence. Saint Augustin se sert, le plus habilement du monde, de la méthode socratique. Le mouvement rapide de la conversation réelle est passé dans la narration, qui prend en conséquence un caractère vraiment dramatique. Parfois aussi, l'auteur esquisse une BCène avec une grande fraîcheur de touche (2). De là, pour ces écrits, une vraie valeur esthétique qui leur donne droit de trouver place dans le domaine delà littérature générale.
Un autre ouvrage philosophique, qui vit également le jour à (lassiciac et à la même époque, nous présente, au point de vue de la forme, le même caractère : cesontles deux livres des Soliloques (Soliloquia). Dans ces Soliloques, nés du désir de
maître Dieu, et, comme préparation à cette connaissance, du désir de connaître l'esprit humain, saint Augustin commence par rechercher (Ier livre) les conditions que doit avoir L'esprit humain pour pouvoir arriver à la connaissance de Dieu; il montre que ce n'est que la foi, L'espérance et la charité qui peuvent lui donner les qualités nécessaires pour atteindre à cette connaissance, vertus que saint Augustin lui-même, d'après ses conclusions, ne possède point encore dans un degré de perfection. Dans le livre deuxième, il traite la question de l'immortalité de l'esprit humain, comme le point le plus important de sa connaissance. Il ne peut pas périr, parce que la vérité ne le peut pas, elle qui a une existence telle dans Tespritrde l'homme, qu'elle devrait être anéantie avec lui (3).
1. Il ne parle pas en termes exprès de l'arithmétique« ~. V. par exemple, De ordine, 1. I, §. 25. 3. V. notamment I. II, §. 24.
Telle est la conclusion àlaquelle il arrive. Cette argumentation toutefois lui laisse quelques doutes, et il ne parvient pas encore ici à les résoudre tous. Il ne va donc pas'plus avant dans son sujet; mais, de retour à Milan, il le mènera à bonne fin (1) dans le livre de l'immortalité de l'âme (De immortalitate (Diunse). Les Soliloques, qui aujourd'hui encore ont un intérêt général, et nous permettent, comme supplément aux Confessions, de jeter un regard plus profond dans la vie intérieure de l'esprit et de l'âme de saint Augustin, durent exercer sur le moyen âge une influence spéciale à cause du génie essentiellement chrétien qui remplit surtout le premier livre. Cette observation est d'ailleurs également applicable au point de vue de la forme elle-même. Les Soliloques sont aussi composés en forme de dialogue : les interlocuteurs ne sont autres que saint Augustin et la raison (ratio) (2). Cette forme spéciale du dialogue nous fait déjà pressentir les dialogues latins postérieurs entre l'âme et le corps ; ces dialogues se trouvent fréquemment dans les langues populaires ; ce sont eux qui donnèrent, si je ne me trompe, la première impulsion à la forme dialoguée de la poésie didactique, si sympathique aux littératures nationales de l'Occident.
L'écrit sur l'immortalité de l'âme, qui est un complément aux Soliloques, engagea saint Augustin à réfléchir encore sur l'essence de l'âme; le fruit de ses réflexions est consigné dans un livre composé plus tard à Rome, et intitulé De quantitate animée, d'après le sujet principal de la conversation qui avait eu lieu entre saint Augustin et son ami Evodius (3). Cet ouvrage est également composé sous forme de dialogue. A ces ouvrages spéculatifs vient enfin se joindre un autre travail, composé plus tard à Sagaste, et dont le titre est De magistro. Saint Augustin s'y entretient avec son fils Adéodat. Le vrai « maître » pour la connaissance des choses pureirient spirituelles, dit-il, est la sagesse éternelle, le Christ, qui habite dans l'intérieur de l'homme et qui est interrogé par toute âme