‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 126 sur 353 · Ep. 27, 31, 42, etc · texte numérisé non relu

Ep. 27, 31, 42, etc

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l'importance considérable dont joaissail Bainl Augustin pour sa propre époque. Il semble en quelque sorte dominer luimème toute l'Église el diriger l'esprit de ce siècle de progri

Enfin nous possédons encore de sainl Augustin une composition poétique: elle répond peu, il es! vrai, au génie de ce grand homme; mais l'authenticité en est si bien établie qu'il n'est i>;is permis d'en douter. Sa forme môme lui donne un intérêt historique et littéraire toul particulier. Saint Augustin nous dit lui-même qu'il a choisi à dessein nue l'orme tonte populaire 1 1. C'est un psaume alphabétique, un Abécédaire composé vers la fin de 393. Il était destiné à être chanté par h- peuple dans l'église; il avait pour but de L'éclairer sïit l'affaire des Donatistes et il»' lui faire prendre parti contre eux. La forme esl a l'image du peuple. Le poème se compose de vingt strophes : le premier vers de chacune commence par une lettre de l'alphabet, dans l'ordre naturel, de A jusqu'à V, en sorte que le premier mot de la première strophe commence par A, celui de la seconde par H, etc., absolument comme cela a lieu pour les psaumes alphabétiques de la Bible. Saint Augustin a choisi celle forme pour donner un point d'appui à la mémoire (3). Ces vingt strophes sont suivies d'un chant de trente lignes.

Chaque strophe est précédée d'une ligne de refrain, appelée hypopsalma par sainl Augustin, et seule chantée par le peuple- Les strophes se composent, abstraction faite du 'liant de la lin, de douze lignes; telle est la règle générale: il yen a quelquesunes seulement qui ne comprennent que dix lignes. Les lignes

1. V. Rétractât., \, c. 20, et principalement le passage : « Ideo autem Don aliquo carminis génère i'I fieri vo lui, ne me nécessitas metrica ad aliqua verbaquœ vulgo minus sunt usitata, compelleret. » il ne voulait donc : composer un ouvrage de poésie artistique ; il ne voulait pas non plus faire spécialement une hymne, car l'hymne ''tait le seul genre de poésie artistique introduit dans l'Église. .Io montrerai plus tard l'importance de ce pasE pour l'histoire des hymnes. L'on attribue encore d'autres poèmes à saint Augustin, mais ils ne sont certainement pis de lui.

"-'. DuMéril, Poésies populaires latines antérieures au xn« siècle. Paris, L843, v. p. 120 sq; Cf. Ferd. Wolf, Uebcr die Lais, p. 184.

:<. Il l'a indiqué dans ce passage i\<'< Rétractations, 1. c, « Et eorum quantum fieri posset per nos inhœrero memoria ».

ont seize syllabes d'un rythme trochaïque et se divisent en deux hémistiches; c'est évidemment un tétramètre trochaïque aca. talectiquc, émancipé (1) des lois de la métrique sous l'influence de la composition musicale. Toutes les lignes unissent par e, rime tout à fait analogue à celle que nous avons remarquée plus haut dans Commodien ; mais la ligne qui sert de refrain a cependant de plus une rime entre le premier hémistiche et la fin du vers (2). — Ce poème contient dans ses grands traits l'histoire du donalisme et met en garde contre toute séparation de l'Eglise générale alors même qu'on croirait avoir justement à s'en plaindre. La forme de la narration, généralement lourde et extrêmement aride, ne reçoit un peu de vie que parce qu'elle revêt à peu près le ton d'une apostrophe directe aux donatistes. Le chant final fait intervenir et parler l'Eglise catholique elle-même; comme mère, elle déplore l'apostasie de ses enfants et les rappelle à elle : là seulement la diction s'élève, s'échauiïe et saisit l'âme.

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