CHAPITRE IX PRUDENCE
L'influence si considérable que devaient exercer sur la littérature de l'avenir les trois grands écrivains dont j'ai parlé, saint Ambroise, saint Jérôme et saint Augustin, se manifeste
1. En sorte que des brèves prennent la place des longues dans l'arsis, par ex., str. 1. v. 2 : « Propter hoc Dominus, » ou bien, v. 9 : « Videt hoc S8Bcùlum mare; » le poète met aussi largement à profit la licence de la prononciation populaire et traite non seulement i et u suivis de voyelles, tantôt comme voyelles, tantôt comme consonnes, mais il l'ait même appel à l'apocope et à la syncope, comme str. 16, v. 3, « exempt'»; str. 17, v. 6 « adultr'ri, » et dans le chant final, v. 2 « consid' rare. »
2. « Omnes qui gaudetis (de) pace, modo verum judicate.)) Je serais tenté de considérer « de » comme une addition postérieure, d'abord dans le passage des Rétractations où il se trouve, et, de là, dans le manuscrit du psaume. Ou bien faudrait-il, par hasard, admettre la syncope de i, dans « gaudetis? »
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déjà dans les ouvrages de leurs contemporains; La littérature de ces derniers suivail en grande partie leur impulsion. C'esl ainsi que la poésie chrétienne recul de sainl Ambroise, pai poésie lyrique d'ah >rd, et aussi par Bon éloquence, une impulsion | mi --and- ri \ trouva il h même coup des modèles décisifs; il résulte de là que son principal représentant, non Beulemenl à cette époque, mais, en général, pour les temps postérieurs, si évidemment formé sous L'influence de sainl Ambroise. Ce représentant, c'esl Ai relu s Prudentius Clemi ns (1) : il mérite d'occuper la première place au moins parle nombre, la variété et le degTé d'originalité de ses poésies. Il naquit, en 348, dans l'Espagne (Tarraconaise), probablement à Saragosse 2 ; il descendait d'une Famille très considérée. Il suivit, comme il nous le raconte lui-même (3 . la carrière politique ; cela était L'usage dans sa position. Après avoir terminé ses études de rhétorique et de droit, il devint avocat el remplit ensuite Les Fonctions importantes de gouverneur d'une province espagnole, probablement de la Tarraconaise elle-même. 11 monta encore plus hautet occupa un emploi militaire de premier ordre. Après avoir, lui aussi, dans sa jeunesse, sacrifié aux plaisirs du monde, il embrassa, dans un âge plus avancé, une
vie sérieuse ut chrétienne et il crut pouvoir gagner le ciel par
poésies religieuses. A l'âge de cinquante-sept ans, il donna de celles-ci une édition complète i> qui comprenait déjà au
1. Aurcl. Clement. Priaient ii carmina ad optima* quasque editio>ics >s$.codd.Roinanos,etc.,prolegg., commentariis et /ectionibus variant. illustr. a F. Arevalo, 2 tom !S, Rûme, 47SS,in-i: Aur. Prudent. Clem. carmina recens, et explicatif Th.Obtaritis,Tubïagaet 1845; — td. recens., notis explicavit A. Dresse/. Leipzig, 1860 ; — Middeldorpf : De /' ud .die et theo/ogia Prudentiana in Il/gens Zeit sehr, für die histor. Theologie, Vol. II, l8o"2 ; Cl. Brockhaus, Aur. Prudentius Clemens in seiner Bedeutung für die Kirche seiner Zeit, Leipzi
-. C'est ce que me parait montrer le passage du Peristeph., IV, v. '.)7 -'1 : Nqster est, quamvis procul liine in urbe Passus ignota dederit sepulcri Gloriam victor prope liltus altae Forte Sagunti. >• Il s'agit d'un martyr de S i c'est le point capital), une autre ville est opposée ici a
Sar A iter ne peut donc être pris 'dans le - la province, de
l'Espagne Tarraconaise ; c'est dans ce derniei ne, dans le même
poème, Calagurris est appelée nostra (v. 31).