‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 137 sur 353 · HAMAÄTIGKMIA l2M · texte numérisé non relu

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mier qui soit traité avec détails dans la poésie de l'Occident. C'esl Satan lui-même qui tend des filets el des pièges ; ce « terrible chasseur, » <]ui se meul autour du monde, cherche .1 s'emparer des âmes imprévoyantes. El ce Berail là un Dieu! C'esl par jalousie qu'il tenta l'homme, parce que ce dernier avail été constitué maître de la terre. C'esl de Satan que «dériva L'origine du mal. » La chute de L'homme eut pour conséquence la corruption do La nature; le démon s'en empara comme d'une proie, après en avoir vaincu le maître. Le poète l'ait une peinture [»leine de poésie, sur celte transformation de la nature el de l'homme (v. 216 Bq.) : ce n'esl qu'à partir de ce momenl que grandit l'ivraie, que les lions attaquent les troupeaux, que les sauterelles dévastent les Etals, que les éléments eux-mêmes brisent les barrières qu'ils devaient respecter, que L'orage enfin détruit les champs de blé et que le lleuve sort de son lit. Et tout cela n'est pas étonnant : la \ ie de l'homme donne aux êtres et aux éléments un exemple fatal. La soif de l'or est la source des maux. Le luxe — et ici le poète s'adresse à ses contemporains, — le luxe domine notre vie toute entière, celle de L'homme comme celle delà femme L'ouvrage de Dieu, la belle physionomie humaine, est défigurée d'une manière sacrilège par la parure et par le fard (1). Et les sens, à quelles jouissances criminelles ne los fait-on pas servir ! L'homme emploie pour le mal les dons de Dieu. Originairement, le monde était hou ; c'est Dieu Lui-même qui en rend ce témoignage après l'avoir créé: il n'est donc pas L'ouvrage d'un Dieu mauvais. Ce n'est point le for qui tue, mais la main qui le dirige. On aluiso du cheval dans le cirque, de l'huile dans la palestre ; et, rempli d'indignation, le poète parle ici, entre autres jeux, des combats d'animaux (v. .'169 Bq.). Satan met contre l'homme, esclave de la sensualité, tous les vices en campagne; cette « cohorte marche au combat sous un tel chef el donne l'assaut. aux âmes avec (\r<. armes terribles » (l'on voit déjà renfermée ici l'idée de la psvehomaehie) (2). Les armées auxiliaires de Satan sont les sept tribus

t. Les détails que Prudence donne, ici et dans tout ce qui suit v. 264 Bq.), sont intéressants au point de vue archéologique. •-'. Ce passage, particulièrement remarquable sous ce rapport, mais, il me

cananéennes qui poursuivaient Israël, el Prudence fait d'Israël le symbole de l'homme déchu. Ce n'est point contre la chair que nous luttons; c'est, ajoute le poète, en s'appuyant sur YÊpitreauxÉphé&iens (VI, 12), contre le démon et ses suppôts, dont le poison léger et plus rapide que la flèche du Parthe pénètre dans l'intérieur du cœur (1). C'est là que nous engendrons nous-mêmes le mal ; le démon ne fait qu'allumer le feu. De même que le poison du mâle féconde la vipère, ainsi Bélial féconde notre âme; et, de même que les petits de la vipère ne viennent au monde qu'en tuant leur mère, ainsi le péché tue notre âme (2).

Le poète va ensuite au-devant d'une objection (v. 637 sq.) : Pourquoi donc Dieu, le Tout-Puissant, a-t-il permis le mal? il aurait bien pu l'empêcher !... — Dieu devait donner à l'homme la liberté de la volonté. Lui, qui était destiné à être le roi du monde, devait être maître de lui-même. A ce prix seulement sa gloire et la vertu sont possibles. Placé entre le maître de la vie et le maître de la mort (magister), l'bommo doit faire son choix. Le poète montre ensuite, par une série d'exemples tirés de l'Ancien Testament et suivis de deux paraboles (3), combien ce choix a été différent ; puis, il fait la peinture de la future sanction en enfer et en paradis, d'après la parabole du mauvais riche et de Lazare (4). C'est avec beaucoup de raison que Brockhaus a déjà fait remarquer (5) combien cette peinture des deux royaumes transcendants offre un singulier intérêt, par rapport à la Divine Comédie ; elle en offre surtout, d'une

semble, peu remarqué jusqu'ici, débute ainsi : « Namque illic numerosa cohors sub principe tali — militât, horrendisque animas circumsidet armis. — Ira, superstitio, maeror, discordia, luxus, etc. » V. 393 sq.

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