PETITS POÈMES POLÉMIQUES
même aux deux premiers un caractère essentiellement mordant. L'un de ces deux poèmes a été complètement publié, il n'y a pas encore longtemps, d'après le Codex parisien de Prudence, fonds latin 8081 (1). C'est un vrai chant de triomphe et de raillerie ainère sur la chute rapide de la magnificence païenne, qui, après l'usurpation d* Eugène, avait reparu h Rome, et surtout sur la chute du principal représentant du paganisme, du préfet Flavien lequel, marchant au secours d'Eugène contre Théodose, fut battu et succomba, en 394, avant la défaite même de l'usurpateur. C'est très probablement dans cette même année que fut écrit le poème. Le parti des sénateurs païens, dont Flavius était le chef, comptant fermement sur la victoire d'Eugène et sur les concessions qu'il leur avait faites, tout chrétien qu'il était, avait fièrement relevé la tête dans Home et remis en scène, avec une pompe officielle, les cérémonies et les rites de l'ancienne religion d'Etat; Flavien, en qui l'auteur voit l'incarnation du paganisme, sacrifia ensuite avec une égale passion au culte secret d'Isis et de la grande Mère. Il cherchait en outre (ce dont le poète lui fait un crime spécial) à faire partager ses idées aux chrétiens, en leur distribuant des présents et des honneurs. C'est à l'occasion de sa chute et de la défaite de son parti, qui était en même temps la défaite de la religion païenne, que notre poète fait entendre un chant de triomphe ; sur ce « petit tombeau » de Flavien, qui avait conçu de si grandes espérances, il demande d'un ton railleur aux sacrati, auxp),oceres, (l'aristocratie païenne) : A quoi donc a servi toute la piété des païens? Il se trahit dans ce poème quelque chose du manque de noblesse d'esprit de Firmicus Maternus, mais il ne faut pas oublier que les chrétiens de Rome et d'Italie avaient été
tulianische Gedicht Adversus Marcionem. Leipzig, 1875(Z)!'sse?^.)L'auteur montre que le poème est plutôt écrit contre les Marcionites que contre Marcion lui-même et il en fixe la composition entre 360 et 37Ü.
1. Mommsen, Carmen codicis Parisini 8084 dans le : Hermes, vol. IV, 1870. — Morel, Recherches sur un poème latin du IV^ siècle, dans la llev. archéolog., Paris, 1868. — Riese, Anthologia latine, (v. plus haut, p. 109, rem. 2). Pars I, Fasc. I, M. 4. — Dobbelstein, De carminé christiano cod. Paris, 8084, Louvain 1879. — Baehrens, Poetae latini minores, vol. III, Leipzig, 1881.