‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 183 sur 353 · Op. c, p. 30 ; cf.. pour les preuves, p. 31, 57, etc · texte numérisé non relu

Op. c, p. 30 ; cf.. pour les preuves, p. 31, 57, etc

5. Voy. les preuves détaillées dans Bernays, op. c, p. 31 sq.

G. Lorsque, par exemple, dans l'histoire du récit biblique, il exprime son avis et celui de son maître, saint Martin, au point de vue des rapports de l'Église et de l'État. Voy. là-dessus, Bernays, p. 15 sq.

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contraste avantageusement avecle Blyle sec el sans couleur

des Bréviaires: parla, il atteignit le but qu'il s'étail proposé : il assimila sa matière à la culture classique, en la dégageant autant que possible des points de vue dogmatiques. Il y réussi! même à un si haut degré que son ouvrage produit sur nous une impression qui semble appartenir plutôt aux temps modernes qu'au moyen âge. Sa fortune fut en rapport avec celle qualité. Grégoire de Tours en fait encore mention ; mais, après lui, on semble l'avoir si peu lu qu'il ne nous en est parvenu que deux copies. C'est seulement à l'époque de la Renaissance, et même assez tard encore, au milieu du xvr siècle, qu'il fut de nouveau mis en lumière; mais il obtint alors toute une série d'éditions, et il devint, jusqu'au commencement du .\\iue siècle, un livre très populaire dans l'école.

Les deux autres ouvrages de Sulpice Sévère offrent un caractère tout différent; ils comptent parmi les livres qui ont été les plus lus au moyen Age, ainsi qu'en font foi les innombrables manuscrits qui nous en restent. Ce sont : la Vie de saint Marlin, Vita S. Martini (1), et les Dialogues, Dialorji.

Ces deux ouvrages, ainsi que trois Epitres de notre auteur, ont entr'euz, au point de vue de la matière, une liaison immédiate; ils forment aussi un pendant intéressant à l'ouvrage de Rulin intitulé Vitae Patrum. La vie de St-Martin, apôtre de la Gaule, le premier fondateur de la vie monastique dans ce pays, n'avait pas moins d'attrait pour l'esprit ascétique des cercles parfaitement chrétiens, que la vie des «Pères d'Egypte :» de même que cette dernière était lue en Occident, ainsi, la première le fut-elle en Orient, et avec un beau zèle. La vie de saint Martin se répandit en effet rapidement et un peu partout (2). Cette diffusion doit nous étonner d'autant moins que l'opuscule de Sévère offre en grande partie une matière intéressante par elle-même, et que l'auteur a su la revêtir d'une forme pleine d'attraits. Ici, le béros de la vie est réellement

1. Cf. Saint Martin, par A. Lecoy de la Marche, 1 vol. in-4, A. Marne, 1883. {Note des Trad.)

1. Dialog. I, c. 23. Le passage est intéressant au point de vue de la diffusion et du commerce des 'ivres. Paulin apporta le premier la Vie à Home : « Deinde, raconte Postumien, cum tota eertatim urbc raperotur, exultantes librarios vidi, quod nihil ab his quaestiosius haberetur, siquidem nihil illo promptius, nihil carius venderetur. »

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un sujet remarquable, dont la personnalité était digne d'intéresser les esprits. C'est un homme de caractère, courageux et indépendant, qui, même en présence des puissants du siècle, resta fidèle à ses convictions sans rien perdre de la douceur chrétienne et de L'humanité : il eût demandé pardon pour le démon lui-même, si le démon avait pu s'amender et avoir la contrition (1). Il naquit, en [Pannonie, d'un tribun militaire et grandit tlans les camps. Destiné par lui, dès sa plus tendre enfance, à l'état militaire pour Lequel il ne se sentait néanmoins nulle inclination, il entra à l'âge de quinze ans dans la carrière des armes. Il réussit a se libérer du service militaire sous Julien, en Gaule, et se consacra au service de Dieu où son attrait l'appelait déjà depuis longtemps. Il se rendit auprès de saint llilaire et fut investi des fondions d'exorciste. Un voyage chez ses parents l'amena en Italie où il séjourna quelque temps, pendant l'exil de saint Hilaire, et il commença déjà l'apprentissage de la vie monastique.

Revenu en Gaule avec son maître, il se fit connaître par une guérison merveilleuse, en rappelant à la vie un homme qu'on tenait pour mort. Ce prodige fut suivi de beaucoup d'autres semblables. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de voir le peuple, après la vacance du siège épiscopal de Tours, demander pour évèquc ce moine bon et pieux, qui faisait des miracles, et dont le cœur eût voulu pouvoir soulager tout le monde ; mais le haut clergé faisait opposition à cause des manières et des dehors peu aristocratiques de Martin (2). Néanmoins le peuple l'emporta. Evèque, Martin ne cessa pas d'être moine ; il fonda un cloître, dans un lieu retiré à deux lieues de Tours, et il y établit sa résidence. Sévère raconte ensuiteavec des détails intéressants comment saint Martin convertissait le peuple de lacampagne, faisait des exploits àlamanière dugrand apôtre de l'Allemagne, saint Boniface, et comment il bâtissait des couvents et des églises partout où il détruisait les temples

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