‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 187 sur 353 · ri8 SÜLPICE BÉVÈRE · texte numérisé non relu

ri8 SÜLPICE BÉVÈRE

Âvecla seconde partie du premier dialogue commence le récit des miracles de saint Martin. Celle seconde partie était, mais à tort, considérée antrefoîs comme un dialogue spécial, le deuxième. A côté d'histoires puériles, ainsi que nous l'avons remarqué, histoires qu'un Celle seul pouvait alors regarder comme des miracles, on trouve cependant des détails intéressants et pleins d'importance pour la biographie du saint et pour la connaissance de la vie du cloître à cette époque. De ce nombre sont les rapports de saint Marlin avec les empereurs Yalentinien et Maxime (Ib. c. o sq.); les relations des moines avec les femmes (Ib. c. 8, 11 sq.); les jeux de mots du saint (Ib, c. 10) où se montrent à nu les manières populaires de cet ancien guerrier inculte. L'arrivée d'une nouvelle visite, celle du prêtre Réfrigérius, et l'heure avancée de la journée forcent le Celle à 'interrompre son discours. Il reprend son récit dans le deuxième dialogue, qui est remis au lendemain. Parmi les auditeurs se trouvent aussi d'autres clercs qui, ayant appris qu'on devait parler de saint Martin, accourent tout essoufflés. Une foule de laïques demandent aussi à être admis. On leur refuse cette faveur, vu que la curiosité plus que la religion leur inspirait cette démarche ; on ne fait une exception que pour deux hommes illustres, dont l'un était un vicaire, et l'autre un personnage d'origine consulaire. Le Celte poursuit donc, dans le mémo style que la veille; mais, de plus, il cite, comme témoins de ces miracles, des personnages vivants auxquels les sceptiques peuvent avoir recours. « C'est ce qu'exigeait l'incrédulité d'un grand nombre, qui hésitent, .dit-on, à ajouter foi à quelques détails rapporlés dans le récit d'hier » (1). Ouoique ce dernier reste des miracles de saint Martin, si je puis m'exprimer de la sorte, manque de goût et ressemble fori à une niaiserie, on y trouve pourtant eneore deux parties intéressantes. L'une traite de l'intervention du

1. II, c. 5. Quoique Fauteur lui-même intercale dans le récit cette remarque et les réflexions qui suivent, il est étonnant de les lui voir meltre dans la bouche du Gaulois : il l'ait connaître Dar là le motif qui l'a délerminé à adopter la forme du dialogue. Le passage montre clairement que le deuxième dialogue n'a été publié qu'après le premier et non en même temps que lui.

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