DIALOGUES
d'absence, revio( de l'Orient. Celui-ci raconte dune l'histoire de son voyage el parle surtout de la vie «les ermites ci des moines d'Egypte, en Borte que noua trouvons ici an autre récit contemporain, mais indépendanl del'ouvrage Vitse Patrum : ce récit de la \ie érémitique ei monastique, plein de vie ci de réalité, nous montre la fraîcheur de la tradition maie Après avoir terminé son récit, coupé seulement par quelques rares interruptions, où l'appétit extraordinaire du Gaulois sert de prétexte à de froides plaisanteries, Postumianus invile Se\ ère à raconter à son tour quelque chose but saint Martin : il le prie au nom de ses lecteurs en < Irienl de vouloir bien suppléer à <'c qu'il a omis dans la Vie (I). Là-dessus, Sévère déciare que toutes les merveilles qu'ont accomplies en- particulier les Saints du désert sunt facilement égalées par les seules actions de cet homme dont la gloire est bien différente : c'est à quoi il songeait en silence pendant tout le récit de Postumianus : ce dernier, en effet, n'a pas dit qu'aucun d'eux ait rappelé un mort à la vie, et si l'un deux croyait recevoir la visite dr<. anges, saint Martin avait avec ceux-ci une conversation quotidienne 2 . — On peut constater ici que la jalousie des moines, cherchant un honneur dans l'élévation de leurs Saints aux dépens de ceux des autres cloîtres, devint un motif d'exagération, voire do mensonges, dans le récit de leurs actions. Sévère refuse néanmoins de donner lui-même le supplément désiré, parce que peut-être il n'aimait pas a endosser la responsabilité de maintes histoires miraculeuses : apparemment il se laissait surtout arrêter par le côté esthétique de la narration, attendu qu'il se mêle parfois à ces faits quelques détails peu sérieux: il exhorte donc le Celte a donner le Supplément, car, en sa qualité d'élève immédiat du Saint, il doit en savoir encore plus que lui. Celui-ci, après s'être un peu l'ait prier, finit par consentir (c. 27) (3).
1. C. '-':'>, 7. [ci les Dialogues sunt directement considérés comme un supplément à l;i Vie.
'-'. On lit également, Diat. II, c. 2 : tNova Postumianus expectat nuntiaturus Orienti, ne se in comparalione Martini praeferal Occidenli. »
3. Ici se trouve le passage si connu cl si intéressant au point de la linguistique, où le Gaulois exprime l'horreur qu'il éprouve à parler latin en compagnie d'Aquitains.