Cf. aussi Ampère, I, p. 316 sq
2 C. 15. Un moine possédé et se disant plus saint que saint Marl in lui-
me, ''i' à ce dernier : « Martinum vero et a principio, quoi ipse difjQleri non polest, militiae artibus sorduisse, el nunc per insane- Buperstilionefl et fantasmata visionum ridicula prônas inter deiiramenta senuisse. » On voit par cette critique c imbien lf saint lui-même a contribué dans sa rieillesse à histoires miraculeuses qu'on racontait de lui. 'Mi reconnaît encore ici ibien ce livre de Sévère est instructif pour connaître l'origine des légendes en général.
3. Pauli Orosii presbvttri hispani advermê paganos ftistoriarum l. VII
360 orose [323-4.]
et même jusque dans les temps modernes, il jouit de la plus grande autorité et exerça une influence extraordinaire. En la personne d'Orose nous voyons représentée une autre province de l'Occident : il était Espagnol, et prêtre de la Lusitanie. En 414, tout jeune encore, il faisait un voyage : par une disposition du ciel, comme il le croit (1), il arriva en Afrique, auprès de saint Augustin. 11 lui demanda conseil sur plusieurs questions dogmatiques que le priscillianisme, toujours vivace en Espagne, avait mises en avant, et surtout sur l'origine de l'âme. Il adressa donc à saint Augustin son Commonitorium, auquel le saint évêque répondit par le livre Contra Priscillianistas et Origenistas. Mais afin de le mieux armer encore pour le combat contre les erreurs de sa patrie, saint Augustin l'envoya auprès de saint Jérôme. Orose, arrivé en Palestine, soutint saint Jérôme dans sa lutte contre les Pélagiens et écrivit à cette occasion un livre intitulé : Liber apologeticus contra Pelagium, de afbitrii libertate. En 416, il retourna en. Afrique, avec l'intention de se rendre de là dans sa patrie. Il ne put arriver qu'à Minorque : les guerres d'Espagne de cette époque le forcèrent à retourner en Afrique. C'est là qu'à l'instigation de saint Augustin il composa son ouvrage historique, en 417 et 418 (2). C'est tout ce que nous savons sur sa vie.
ad fidem mss. adjutis integris notis Fabricii etc. recens suisque animad. vers, illustr. Havercamp, Leyde, 1767, in-4. — De summa Providentia res humanas administrante quid senserint prioris Ecclesiae scriptores et quae fuerit apud eos ejus doctrinae forma et incrementum, thèse de doctorat, par Saint-René Taillandier. Paris, 1843. — Pauli Orosii historiarum ad itsum paganor libri VII; accedit eiusdem liber apologeticus ; recens, et commentarium crit. instr. Zangemeister. Vienne, 1882. {Corp. script, eccles., vol, V). — Moerner, Le Orosii vita ejusque histor. I. VII. Berlin, 1844. — Sauvage, De Orosio (thèse de docLoratès-lettres). Paris, 1874.
1. V. Commonitor. — C'est-à-dire qu'il n'avait pas l'intention de se rendre auprès de saint Augustin. Jl n'est pas sûr, ainsi qu'on l'admet d'après son Histoire (I. HJ, c. 20), qu'il eût enuepiïs ce voyage pour fuir les Barbares.
2. Il ne l'avait pas commencé avant son voyage ea Palestine ; ce que pense Moerner. Un passage de la dédicace à saint Augustin montre que ce dernier l'avau engagé à entreprendre ce travail:« (Praeceperas) maximecum reverentiam Liiam, perûciendo adveisus nos ipsos paganos undeciœo libro insisieniem (quorum jnm decem orientes radii, mox ut de spécula ecclesiast'eae clarilalis elaù sunt, tolo Cibe fulserunt) levi opusculo occupari non opoi'teret. » Saint Augustin était donc occupé au onzième livre de sa Cité de Dieu et dix étaient déjà publiés lorsque Orose reçut, ou accepta du moins,
i-.'i. l.i:s vil l.iviu:s DU hivioihes Mlil
L'ouvrage d'Orose devait en premier lien former un supplément ;ui livre troisième de la Cîir <!<• Dieu. Poussé probablement par le peuple chrétien, saint Augustin désirait voir paraître ce supplément; mais le temps lui manquait pour v mettre la main lui-même, haus ce li\ re, ainsi que nous L'avons vu plus haut, saint Augustin veut montrer que 1rs Romains et leur empire n'ont pas été moins affligés, avant qu'après le christianisme et surtout do son temps, par dos maux matériels et principalement par ceux que la guerre traîne à sa suite; ce n'esl donc pas, par conséquent, L'avènement du christianisme et l'abandon du culte païen qui ont amené ces fléaux. Mais, dans son livre, on comprend que saint Augustin devait se restreindre à fournir seulement quelques-uns des faits historiques les plus importants pour prouver son affirmation. Iljdésirait voir ce sujet traite in extenso dans un ouvrage spécial qui
ppuierait sur les faits historiques de toutes les époques (l). Il le désirait d'autant plus que c'était précisément ce reproche fait au christianisme qui lui avait inspiré l'idée d'écrire
cette provocation. A l'époque du voyage d'Orose en Palestine, au contraire, saint Augustin avait terminé tout au plus cinq livres de la Cité de Dieu, ainsi que le montrent elcàrement, comparés ensemble, deux passages de sa lettre (169, § 1 et s, 13). A cela s'ajoute le rôle du nombre sept dans l'ouvi. i-e d'Orose, même dans la disposition de cet ouvrage, et ce n'est que dans le livre onzième (c. 31) de la Cite de Lieu que saint Augustin traite de la signification de ce nombre. Il est, de plus, difficile d'admettre que si
se avait commencé son travail après sa première arrivée en Afrique, il l'eût interrompu par un long voyage, et, en outre, que saint Augustin lui eût donné ce conseil. — Il fut terminé en il8, d'après les dates fournies par
:^e lui-même (les voir dans .Moerner, p. 82). 11 n'y a pas de raison plausible pour admettre que ces dates soient erronées. Du moins, d'après le g<'nre de la composition de tout cet ouvrage, on ne peut alléguer eette raison, qu'Orose termine son histoire en effet par l'année 417, et que la phrase seule : « Itaque nunc quotidie apud Hispanias geri bellum » etc. se rapporte à l'an il8, car, en aucun cas, ces combats ne cessèrent avant cette année-là. Le passage du 1. VII, e. il « nunc per biennium », que Moerner cite à l'appui, ne prouve rien, vu que cette date est générale, plutôt trop courte <| ue trop longue d'après la tendance du passage lui-même, et qu'on n'a pas besoin de faire correspondre les calculs au début de l'année. 1. II es', dit. dans In dédicace du livre à saint Augustin : - Praeceperas
i, ut ex omnibus, qui huberi ad praesens possunt, historiarum atque annalium fastis quaecumque aut bellis gravia, aul corrupta morbis, aut faîne tristia, aut terraruni motibus lerribilia, aut inundalionibus aquarum insolita, aut eruptionibus ignium metuenda, aut iclibus lulminum plagisque
362 orose [325-6.]
la Cité de Dieu (v. p. 241-2). En essayant donc de remplir ce vœu de saint Augustin, Orose lit, dans son ouvrage llistoriarttni libri VII contra paganos, le premier essai d'une histoire universelle chrétienne, et, en même temps, le premier essai d'une histoire universelle au sens le plus large du mot, c'est-à-dire d'une histoire de l'humanité en général, quoique ce ne fût qu'un abrégé, écrit avec une tendance très exclusive. La Chronique de Sulpice Sévère n'était nullement un essai de ce genre, ainsi que l'admit Ampère, qui juge ce livre d'une manière absolument fausse. Sévère reste plutôt complètement, quelque étonnant que cela paraisse, sur l'étroit terrain de la nationalité, qui est généralement celui de l'histoire antique. Il donne l'histoire des chrétiens, dont les Juifs, à ses yeux, sont les ancêtres, comme l'histoire d'une nation : carie culte des mêmes dieux était, chez les Romains eux-mêmes, un signe de l'unité nationale, de l'unité de l'Etat. Quant au genre historique de l'antiquité, il reste complètement fidèle à la tendance nationale, là même où il sort du domaine de l'histoire de la nation dont il fait le récit. Celui de tous les ouvrages qui offre le plus le caractère d'une histoire universelle est celui d'Hérodote ; celui de Trogue-Pompée, le seul qui soit, avec celui d'Orose, à comparer ici dans la littérature romaine, ne contient, dans les développements qu'il reçut, que l'époque antérieure à l'Empire romain, c'est-à-dire à l'Empire par excellence pour Je Romain. C'est une simple histoire de conquêtes qui débute avec le premier vrai conquérant (1), avec Ninus, conquêtes qui plus tard passent presque toutes aux Romains.
Ce qui donne à l'ouvrage d'Orose le caractère nouveau d'une histoire universelle chrétienne, c'est l'idée qui domine tout le récit et d'après laquelle tout ce qui arrive dans l'histoire de l'humanité tout entière est ordonné et conduit par le Dieu unique, créateur des hommes en qui prennent leur source toute puissance (potestas) et tout empire [régna). Cette pensée seule qu'avait développée saint Augustin et que le plus
grandinum saeva, vel etiam parricidiis ilagitiisque misera, per transacta rétro saeula reperissem, ordinato breviter voluminis textu explicarem. »
1. D'après la pensée de Trogue, Ninus incorpora aussi le premier à son royaume tout ce qu'il avait conquis. Y. Justin, 1. I, c. 1.
[326-7.] i i "> Mi LIVRES DES HISTOIRES •'!»'..'{
ancien apologiste, Minucius Feux l . avait déjà exprimée, fait d'abord de l'histoire universelle un organisme marqué au cachel de l'unité, qu'elle ne pouvail pas avoir chez les païens, vu que chaque nation païenne croyait devoirà ses divinités nationales sa force el sa puissance; c'était précisémenl sur i e poinl «If vue que s'appuyaienl les païens pour faire leurs reproches contre le christianisme; el c'esl aussi celui qu'Orose entreprend de réfuter dans son ouvrage. L'idée dominante il«' §on livre a donc des rapports immédiats avec sa tendance apologétique. .Mais Dieu a toujours, d'après (»rose el ses prédé-
iseurs, dans les époques principales de l'histoire, subordonné au jilus puissant des états toute la foire des autres empires (2). A proprement parler il n'y a que deux empires qui aient dominé le monde, d'après la pensée d'< >rose qui concorde avec celle de saint Augustin (3), l'un plus lui el l'autre plus tard; l'un en Orient, l'autre en Occidenl ; celui-ci. héritier de celui-là : Babylone et Home.
Une correspondance mystérieuse dans le nombre d'années se montre dans l'histoire des deux empires el laisse paraître leur dépendance respective comme un ouvrage réglé par Dieu, où ni l'homme ni le destin n'a rien à voir. C'est ainsi que, dans l'année même où Procas commença à régner, l'empire de Ninus passa aux Mèdes; mais toutes les histoires de l'antiquité commencent avec Ninus, comme toutes celles de Rome
1. Octav.y c. 25, § 12, Et tarnen ante eus (Romanos) Deo dispensante diu régna lenuerunt Assyrii, Medi, Persae, Graeci etiamet Àegyptii. -
Quodsi polestates a Deo sunt, quanto magis régna a quibus reliquae potestates progrediuntur ? si autem régna diversa, quanto aequius regnum aliquod maximum, oui reliquorum regnorum potestas universa subjicitur ? o 1.11, ci.
3. Civil. Lei. I. XVIII, c. 2 : .< Sed inter plurima régna terrarum... duo régna cernimus longe ceteris provenisse clariora, Assyriorum primum, deinde Romanorum ; ut temporibus, ita locis inter seordinata atque distincta. Nam i|uomodo illud prius, hoc posterius : eo modo illud in Oriente, boc in Occidente surrexit : denique in illius fine, bujus initium confesÜm fuit. Régna cetera celerosque reges velut adpendices istorum dixerim. « Quoique passage de saint Augustin soit postérieur aux premiers chapitres du livie deuxième d'Orose, la dépendance de ce dernier l'ait supposer que, même ici, il ne fait nue suivre l'inspiration de saint Augustin, tout en la développant et la confirmant lui-même d'une manière indépendante.
364 orosk [327.]
s'ouvrent avec Procas. Ainsi, entre la première année de !Ninus et la nouvelle fondation (instaurari) de Babylone par Séniiramis, s'écoule un espace de soixante-quatre ans; or, cet espace est justement le même entre le début du règne de Procas et la fondation de Rome. C'est ainsi encore qu'il s'écoule onze cent soixante-quatre ans entre la nouvelle fondation de Babylone et la conquête de cette même Babylone par les Mèdes, comme aussi de la fondation de Rome à la prise de cette ville par Alaric. A la même époque, dit ensuite Orose, Cyrus soumit Babylone, et Rome secoua le joug- de la royauté; l'une tombe, l'autre s'élève; en mourant, Babylone laissa son héritage, et Rome entrant dans un âge de virilité (pubescem) se reconnut son héritière ; l'empire (Imperium) de l'Orient périt, celui de l'Occident vit le jour. Mais Rome, en qualité de mineure, ne prit pas immédiatement possession de l'héritage; de là un interrègne, pendant lequel deux empires exercent successivement, pour un court espace de temps, une puissance universelle en qualité de tuteurs de Rome (tutor citratorque);\a. force des circonstances le veut ainsi et non Je droit à l'héritage : ce sont la Macédoine et Carthage. Il y a donc, de ce chef, quatre monarchies correspondant aux quatre contrées du monde (1). C'est ainsi que Orose soude l'idée de saint Augustin admettant deuxmonarchies universelles, à une autre idée qui en admet quatre; cette idée qui a sa hase dans l'explication du songe de Nabuchodonosor par le prophète Daniel (cap. 2,), trouvait surtout un point d'appui dans le commentaire de ce passage par saint Jérôme (2). Mais ce dernier, au lieu de Carthage, nomme les Mèdes et les Perses.
Cette opinion, au sujet des quatre monarchies universelles
\. V. pour tous les développements de ce qui précède, Oros.: Lib. II, c. 1-3 et cf. VII, c. 2.
2. Saint Jérôme ne trouva pas le premier, ou ne fut pas le seul à trouver cette explication, ainsi que Je pense Buedinger (Sybels Hist. Zeitschr.Vo}. 7, p. H3), et, ce qui le prouve, c'est que nous la trouvons également dans Sulpice Sévère, Chron., 1. II, c. 3. Saint Augustin lui-même, qui en parle dans la Cité de Lieu (1. XX, c. 23), est loin de dire que cette explication soit l'ouvrage de saint Jérôme : « Quatuor iîla régna exposuerunt quidam, etc. » Il ne fait point ici allusion à Orose, vu que son explication est toute différente.
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qui eut cours pendant toul le 1x103 en âge, a BÙremenl contribué a l,i division en s-pt livres de la matière traitée par Orose, quoique cependant c'ait élu un autre principe; le mj stère des nombres, qui détermina le nombre sept. Le livre premier qui, après une courte description du globe terrestre, théâtre <le l'histoire, commence au déluge, esl consacré à la période de la première monarchie universelle. Orose} raconte, dans un ordre chronologique hase sur la chronique d'Eusèbe et sur S. Jérôme, les événements qu'il regarde comme les plus importants. Son récit va jusqu'à la fondation de Rome, par où débute le livre deuxième. Celui-ci renferme le développement de l'histoire de Rome jusqu'à la conquête »les Gaulois, d'après lu procédé de saint Augustin : ( »ruse le compare à celle d'Alaric ; il nous expose également l'histoire de l'empire des Perses, depuis Cy rus, et celle des Grecs jusqu'à la bataille de Cunaxa. Ici se prépare la puissance de la .Macédoine. Le livre troisième est principalement consacre à la période de celte puissance. Il débute par les guerres des Lacédémoniens contre les Perses sous Artaxerxès, guerres qui sont lavant-coureur des conquêtes d'Alexandre. Il traite ensuite l'histoire des Diadoques jusqu'à la chute de Lysimaque, et l'histoire romaine correspondant à celte période. La guerre de Rome contre Pyrrhus est racontée au début du quatrième livre, lequel va jusqu'à la ruine de Carlhage ; l'auteur nous y expose les luttes de Home et de Carlhage et l'histoire antérieure de celte dernière ville ; ce livre a par conséquent pour sujet la troisième monarchie universelle. A partir du livre cinquième, c'est Rome seule, arrivée maintenant à la domination, qui joue le premier rôle. Nous lisons dans ce livre son histoire jusqu'à la guerre des esclaves. Le sixième (où sont d'abord traitées les guerres contre Mithridate) la continue jusqu'à Auguste et à la naissance de Jésus-Christ; le septième, enfin, va jusqu'à l'époque de l'auteur. C'est ainsi, on le voit, que la division est bien motivée en général dans le sens de l'idée dominante de l'historien : il faut seulement faire une exception pour le livre sixième (1)
1. La manière dont le livre cinquième est séparé du sixième, fut déterminée pur l'idée de donner ù chacun d'eux une période à peu près égale,
366 orose 1 329 .]
qui n'aurait pas dû être séparé du précédent et qui ne I a été' peut-être que pour compléter le nombre sept.
Quant au choix de la matière, dans ses détails, et au genre delà composition, ils ont été subordonnés à la tendance entièrement apologétique de l'ouvrage ; mais on doit tenir compte de son caractère sommaire qui nécessitait une Limite, sous ce double point de vue. Orose avait surtout en vue de représenter les souffrances de l'humanité dans les temps passés, afin de montrer qu'elles sont moins cruelles depuis le christianisme et notamment dans le temps présent ; ce sont donc en première ligne les guerres ou, plus exactement, d'après lui, les maux de la guerre, qui forment le sujet du récit. Par là, il se rapproche du genre si éminemment romain qui fait de l'histoire universelle une histoire de conquêtes: c'est ce que montre Trogue-Pompée, qui, avec son abréviatcur Justin, devient son principal modèle. Orose néglige donc, comme Trogue- Pompée, l'histoire intérieure partout où elle n'a pas à raconter des luttes de partis, des guerres civiles, ou à offrir d'autres exemples de désorganisation morale. De là le côté superficiel, fragmentaire et parfois anecdotique de la composition ; de là, ce manque d'efforts pour découvrir l'enchaînement des faits et en exposer les motifs, sauf pourtant quand la tendance apologétique l'exige. Une partie de ce défaut, et la moindre, doit être mise peut-être au compte de la nature de cet ouvrage, qui n'est qu'un abrégé sommaire, et au compte de la précipitation avec laquelle il a été écrit, comme en témoigne maint passage peu soigné: il avait bien un peu, en effet, le caractère d'un ouvrage de circonstance. Les exagérations, les altérations des faits, apparaissent dans Orose, d'après l'endroit où elles se trouvent, comme une conséquence de la tendance apologétique de l'ouvrage avec qui cadrait difficilement un pointde vue impartial. C'est néanmoins à cette tendance que cet ouvrage est redevable, d'autre part, de cette chaleur et de ces allures pleines de vie qui le distinguent de la sécheresse des Bréviaires païens-latins; ce sont surtout les échappées que l'auteur mê-
quelques soixante-dix ans ; pour cela, l'auteur partagea en deux la période, depuis la ruine de Carthage jusqu'à la naissance de Jésus-Christ.