‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 2 sur 353 · H AVERTISSEMENT DES TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

H AVERTISSEMENT DES TRADUCTEURS

spécialement de la Littérature latine-chrétienne, depuis ses origines jusqu'au siècle de Qharlemagne. L«1 deuxième \iilume le suivra de près, cl nous avons l'espoir que le l)r Ebert, qui n'a pas encore fait paraître le troisième, ne lardera point trop à le terminer.

Si des raisons de haute convenance ne nous interdisaient pas ici d'exprimer toute notre pensée, nous n'aurions pas assez d'éloges pour vanter les aperçus vastes et féconds de l'auteur, et pour appeler l'attention sur ses analyses si minutieuses et si complètes; nous reconnaîtrions aussi que nous ne possédons, en France, sur la matière, aucun Essai qui puisse entrer en comparaison avec l'ouvrage du savant professeur de l'Université de Leipzig. Mais le silence nous est imposé, et nous n'insisterons pas.

La première condition d'une traduction estimable est de reproduire avec fidélité l'original : nous avons donc visé, avant tout, à l'exactitude du sens. Au demeurant, c'est le seul mérite que nous osions franchement revendiquer. Nous laissons en effet à l'auteur certaines appréciations personnelles des hommes et des choses, qu'il nous serait difficile de partager : à l'avance, les Traducteurs déclinent absolument toute solidarité de doctrines.

1« mars 1883.

I'UKKACK

Au moyen âge, il existait déjà une littérature universelle, telle que Goethe l'attendait de l'avenir. De même que la culture intellectuelle de cette époque, ea Occident, es1 le résultat d'une action commune <!<•> nations germaniques et romaines, action qui a pour base la culture antique tant classique et gréco-romaine, que gréco-orientale ou spécialement chrétienne; ainsi, la littérature, résultat et expression de cette culture intellectuelle, est ans>i un produit commun, un organisme marqué par l'unité. Je me suis imposé la tâche de raconter son histoire depuis ses origines : c'est {^Histoire générale de la littérature du moyen âge. Ce travail ne sera point un assemblage d'histoires littéraires nationales : d'autre part, il n'a pas plus pour luit de les remplacer, <pie l'histoire universelle n'a pour but de remplacer les histoires particulières des divers pays et des différents Etats. Les causes nationales qui, tout en déterminant la manière spéciale dont chaque peuple a pris part à ce grand mouvement littéraire. produisent encore des créations particulières en dehors du cercle de ce mouvement, ne seront pas mises sans

il PRÉPAI i. v, VI. i (')

doute entièremenl de côté; mais elles n'y occuperont qu'une place secondaire. On considérera plutôl ici La littérature de chaque uation comme un membre d'un tout organique, ou, pour employer une autre comparaison, comme un des rameaux d'un seul el même arbre : ce sont en effet les meines idées qui, en vivifiant ees littératures particulières, leur donnent des formes identiques ou à peu près semblables.

Avant l'époque de la formation de ces membres, c'està-dire ayant que les langues germaniques et romaines né se lussent développées jusqu'à l'usage littéraire, la langue latine, langue de la littérature du moyen âge, en Occident, était celle de tous les peuples : elle le resta longtemps encore dans différents domaines littéraires ; mais il vint un jour où peu à peu (ici un peu plus tot, là un peu plus tard), elle l'ut remplacée par les idiomes nationaux. C'est ainsi qu'une littérature Latine, commune à tous, au moyen Age. après avoir précédé les littératures des peuples de l'Occident, marche encore longtemps à coté d'elles. La langue de cette littérature n'était pas une langue morte; c'était à la fois une langue écrite et une langue parlée ; c'était encore, outre la langue de la science et du culte, celle de l'État, sous beaucoup de rapports. On la trouvait dans les cliausons à boire comme dans les complaintes de carrefour; longtemps en rapport avec la langue du peuple, elle dut contribuer à en former le style ; et. tandis qu'elle augmentait le lexique de celte

! . La pagination entre crochets renvoie au texte allemand.

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