‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 3 sur 353 · I. PHI I \< I III · texte numérisé non relu

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langue, elle se donnail à elle-même le meilleur témoignage de sa véritable vie en créant, par le moyeu de ses propres racines, maintes expressions.

La littérature latine du moyeu âge constitue donc une partie intégrante de cel organisme Littéraire. Sa connaissance est tout aussi indispensable, plus indispensable même une ne l'est, pour connaître pleinemenl l'histoire d'une seule littérature particulière, celle des autres littératures les plus importantes. Elle a en effel

développé les littératures nationales ; c'est elle qui a

fourni, pour certains genres, les exemples et les modèles; c'est aussi sons son influence que se sonl formés le langage poétique et la prose elle-même. Dans ce premier volume, je m'occupe seulemenl de cette littérature latine : je fais voir ses développements et je remonte jusqu'à son origine qui, à la vérité, va bien au delà des limites du moyen âge. Ce regard en arrière est nécessaire pour en comprendre L'historique, et pour étudier, dans leurs phases diverses, les éléments «le la culture intellectuelle du moyen âge qui ont été d'une grande influence sur les Littératures nationales.

La littérature chrétienne latine est donc envisagée ici en tant qu'elle nous l'ait comprendre la littérature du moyen âge, et comme une partie de cette littérature. 11 va de soi que j'entends parler de la littérature dans son sens strict, c'est-à-dire de la littérature générale <|iii représente les littératures nationales postérieures et qui seule a exercé une influence directe sur elles ; cette Littérature s'adresse an public (ont entier. Je n'ai pas cependant exclu la littérature scientifique, mais je

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l'ai l'ait entrer eu ligue de compte dans la mesure seulement où les ouvrages particuliers dont elle s'occupe s'adressaient à l'ensemble de la société chrétienne ou du moins exerçaient sur elle quelque influence. J'ai même fail la part des ouvrages qui ont une importance spéciale, mais indirecte, pour la littérature générale. C'est ainsi que, parmi les ouvrages théologiques, ceux qui traitent de l'apologie, de la morale pratique, de l'ascétisme ou de l'histoire entrent entièrement dans noire cadre, et, par exception seulement, ceux qui s'occupent de dogmatique spéculative ou de polémique. Le choix offrait plus d'une difficulté : pour chaque cas particulier, il doit, quand je n'en dirai rien, se justifier de lui-même en raison du plan que je viens d'indiquer et d'après la disposition complète de cet ouvrage.

De même que l'idée et le plan que j'ai adoptés procèdent de la manière de traiter l'histoire de la littérature en tant que science historique, ainsi les principes de cette science ont dirigé mes recherches. Les remarques, celles du dernier livre surtout (1), montrent toute l'importance qu'il fallait accorder à la critique de l'histoire littéraire. Dans leur forme concise, nécessitée

1. Il est facile dij voir que j'ai laissé, sous le rapport monographique, beaucoup à faire aux recherches privées; clans l'occasion, je ne manque pas d'en faire la remarque. Puisse mon livre encourager de telles recherches ! Je me permets d'indiquer ici quelques sujets : Parallèle entre M. Félix et Athén'agore ; l'ouvrage de Tertullien ad natlones, et ses rapporLs avec l'apologétique et avec M. Félix ; le poème de Phœnice et Lactance ; les poèmes attribués à Juvencus (v. p. 133, Rem. 2) ; les sources des livres de Viris illustr. de St-Jérôme et de Gennade ; le poème adversus Marcionem 4 (v. p. 301 Rem. 1, de l'éd. allemande) ; comparaison de la chronique de Prosper avec ses autres écrits; l'époque de S. Fulgence (pt 453, Rem. 2 de l'éd. allemande) ; les Varice de Cassiodore, etc.

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par le manque d'espace, elles ne s'adressent souvcnl qu'aux initiés « » 1 1 <lu moins elles exigent « 1 1 1« > le lecteur sache s'orienter dans ces matières : j'aurais été. sans cela, entraîné dans de trop longues digressions. L'ordre de mon travail est, en général, celui de la succession des écrivains eux-mêmes; toutefois, comme je ne compose pas une chronique, je me suis permis de temps h autre une certaine liberté d'allure dans l'étude »le telle nu telle période déterminée, où il s'agissait de ne p;is disperser des genres homogènes. Le devoir de l'historien est de raconter les événements : celui du littérateur est d'exposer le contenu des livres; J'ai apporté la ] »I us grande exactitude à l'analyse des ouvrages, et telle est L'importance que j'attache à ce point, que je ne me mus jamais laissé rebuter par les Longueurs du travail. Il ne faudrait pas croire cependant que je condense ici de simples données analytiques ; je me suis proposé surtout, dans ce travail, de montrer la composition des ouvrages ; d'en Taire voir la division, la liaison des parties et les transitions; d'en révéler enfin la portée véritable et de mettre en lumière l'art de l'écrivain. De la sorte, je fournis au lecteur un guide pour s'orienter dans L'ouvrage tout entier et L'indication »pie je lui

donne, par chapitres, versets, etc.. des endroits les

plus importants, l'ail qu'il a- la possibilité de recourir lui-même aux endroits spéciaux de l'ouvrage et de s'instruire des moindres détails. Les particularités, qui sont d'une importance si grande pour la littérature du moyen âge, se trouvent fondues dans L'analyse, ou indiquées dans des remarques.

VI PRÉFACE [VIII, IX. j

Pour la bibliographie, je me suis restreint aux matériaux les plus nécessaires, aux éditions les meilleures et les plus importantes, aux monographies et autres travaux qui ont conservé quelque valeur. Encore n'ai-je pas l'ait mention de travaux antérieurs et estimés quand ils s'y trouvent déjà indiqués; ceci s'applique entre autres à ceux de Tillemont, auxquels je ne renvoie ici que rarement. Il m'arrive quelquefois, en parlant d'un auteur, de citer, par exemple, Y Histoire littéraire de la France des Bénédictins, ou encore les travaux d'Ampère, puis de les passer sous silence en m'occupant d'un autre auteur ; cela est fait à dessein, selon que l'article indiqué m'a paru avoir ou non quelque importance ou quelque utilité. Quiconque veul s'occuper, en détail, de monographies, peut consulter utilement l'ouvrage connu de Baehr (1), dont le mérite principal consiste dans la richesse des bibliographies. Il ne faudrait pas cependant fonder une espérance trop absolue sur le titre des livres : la plupart de ceux que cite Baehr — à l'exception de ceux que je cite moimême — ne sont qu'une marchandise dépréciée, utile cependant pour faire connaître la littérature sur le sujet ; çà et là on voit également cité un ouvrage dont on ne trouverait autre chose que le nom de l'auteur. Quelque louables que soient les efforts de Baehr, et quelque reconnaissance que je lui doive, il est juste de

1. Les poètes chrétiens et les historiens de Rome. Deuxième édit. revue et augmentée, Carlsruhe, 1872. — Il faut y ajouter la deuxième partie de la Littérature chrétienne-romaine : théologie romaine et chrétienne, avec un appendice sur les sources du droit. Un coup d'oeil sur l'histoire littéraire , Carlsruhe, 1837. Cette partie n'a pas eu encore une deuxième édition.

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dire <|u'il s'est peu occupé »lu côté critique. Je ferai encore remarquer que, parmi \o éditions citées, je marque d'un astérisque celle que j ";ii moi-mAme mise à profit,

hniis l,i composition de la table «les matières, je me suis laissé guider par l'esprit et la pensée de l'ouvrage; je n'ai donc signalé, «mi dehors »1rs auteurs, que les noms et les choses offrant un certain intérêt pour la liltérature générale <>u pour l'histoire de la civilisation au moyen âge: on se convaincra aéanmoins que j'ai laissé une certaine place à la littérature ancienne.

Le présent volumea un titre particulier et forme un tout complel : toutefois, les résultais tics développements historiques, tels <|u'ils se déroulent plus tard, ne sont |»as indiqués à la lin <le ce volume ; ils appartiennent plutôt au commencement du volume qui doit suivre. Là seulement j'aurai à résumer, «laus un aperçu général, l<' développement »les hymnes, surtout en ce qui concerne la forme, et à muntrer leur importance pour le perfectionnement de la poésie lyrique dans les littératures nationales. Mais ici, tous les points principaux de ces développements se trouvent déjà présentés en détail et disposés dans l'ordre chronologique.

Leipzig, le 31 mai 1874.

A. Ebert.

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