Cf. »'ii particulier, v
414 DRACONTIUS 372-3.
forme le thème principal du livre. Le récit est souvenl décousu, el manque de sûreté pour la marche des idées. Dans un récit de peu d'étendue, le poète parle d'abord des miracles de Jésus-Christ (v. 115 sq.), ensuite de ceux que Dieu accomplit lui-même dans la nature : celle-ci, dans ses éléments et ses phénomènes, par ses créatures et parle serpent lui-même, célèbre ses louanges. L'idée de serpent amène le poète ,i parler de la mort que l'homme mérita par le péché et du péché lui-même. L'homme est pire que les animaux qui donnent la mort: ils ne nuisent qu'à ceux qui les attaquent. Et l'homme sévit contre sa propre race : guerres sur terre el sur l'océan, fratricides et infanticides; la mère, pire que la marâtre, tue l'enfant, même avant de lui donner le jour; que dis-je? on ne laisse même pas les morts reposer en paix; il faut qu'on les évoque. Celle longue digression (v. 234-33o) est d'un grand intérêt en ce qu'elle est pour nous comme un miroir où viennent se refléter les physionomies de l'époque du poète. — L'homme méritait bien pis que la mort, dit ensuite Dracontius. A l'opposé de lanaturc qui obéit à Dieu, l'homme, c'est le mal; c'est l'inventeur audacieux du crime, l'ennemi de tout le monde et de lui-même (1); depuis notre naissance, « nous sommes une race scélérate [scelerala propago nascimur) que ne peut dompter ni la miséricorde, ni la colère de Dieu. » Ici le poète parle du déluge, dont il fait une bien belle description, et de la ruine de Sodome. Sans le péché, le monde serait un paradis dont le poète esquisse ici le tableau. La chute des anges n'excuse pas l'homme. Mais, malgré tout, la miséricorde divine envoya Jésus-Christ. La trahison dont il fut victime, sa mort, sa descente aux enfers (cette dernière forme un tableau complet) (2), sa résurrection et le jugement avenir, auquel il présidera lui-même, passent successivement
1. Est homo grande malum, legis transgressor et audax Criminis inventor, scelerumque repertor etauctor...
... inimicus et hostis Omnibus atque suus... V. 357 sq.
2. V. 531 sq. Letableau où Je poète peint l'effet de la lumière qui accompagne le Christ est plein de poésie. Pour le style et l'expression, l'auteur s'efforce de rivaliser avec l'antiquité.