V. plus haut p, 355, rem
3. Cum vis verborum, vitavirtute coruscans, Perderet ingenitum métro mollita vigoreni.
Tout le contexte de ce passage montre qu'il ne s'agit pas ici de la prose en général, mais de celle de Sévère en particulier.
4. Voici un exemple de son procédé. Sévère ( Vita Martini, c. 2) dit de son héros : « Frugalitatem in eo laudari non est necesse, qua ita usus est, ut jam illo tempore non miles, sed monachus putaretur ; » et un peu plus loin il le vante d'avoir su nourrir les pauvres « alere egentes. » Voici maintenant la traduction de Paulin (I, v. 26 sq.) :
Tum sumendorum districtio quanta ciborum,
Ne distenta citum vitiareut viscera sensum,
Nec premeret vigilem membrorum sarcina mentem,
' :;s7-s. \ii\ nABTnn 13 1
lières exagérations, et déployer même il«' grands efforts pour faire ressortir le merveilleux de bgb exploits. Il s'entend néanmoins à la peinture des détails, el il les traite avec arl el sentiment : le récit de la guérison d'une jeune lille muette (V, v. IT sq.) nous en fournit un exemple. Sulpice Sévère a consacré seize lignes de son second dialogue (c. 2 à ce récit; Paulin l'élargira jusqu'à lui faire occuper quatre-vingt-deux vers. Disons enfin que l'auteur étend encore son cadre par de longues exclamations et par des apostrophes où il épanche la sensibilité de son cœur: par exemple, lorsqu'il donne libre cours à son admiration en face des vertus du saint ëvêque, ou lorsqu'il laisse éclater sa colère contre le démon, dont les attaques contre son héros sont sans trêve ni répit. La mauvaise conservation du texte ne nous permet pas de porter un jugement certain sur le style: nous pouvons dire, du moins, qu'il est simple, ordinairement aisé à comprendre dans les récits, mais marqué d'une certaine raideur dans les débuts des livres.
Nous possédons en outre deux petits poèmes du même auteur, et tous deux ont un certain rapport à la vie de saint .Martin : l'un a pour litre Versus Paulini de visitatione nepotuli si«, et célèbre, en quatre-vingts hexamètres, un miracle accompli, quoique d'une manière tout à l'ait indirecte, par saint Martin : il s'agit de la guérison d'un petit-lils du poète; lui et sa fiancée, par L'application de l'écrit de Perpétuus, avaient recouvré La santé. L'autre, de moindre étendue, est une inscription de vingt-cinq hexamètres, composée à la prière de Perpétuus (1) et destinée à la nouvelle basilique que cet évêque avait, de 470 à 473 (2), fait construire en l'honneur du saint.
Ut divisa inopi praeberet copia partem,
Quaeque nimm obrueret, melius refoveret utrumque :
Nain sic supplicibus diviserat omnia egenis,
Ut sola excsis superessent termina membris. Sulpice Sévère ne dit rien naturellement de ces « membra ezesa, » et nous avons là un exemple de l'exagération de Paulin.