Il ne renferme que peu de vers, v. 383 sq
Vallantur urbis pomoeria milite Alano,
Mira urbis faciès, cujus magna undique muros Turba indiscreti sexus circumdat inormis Subjocta exterius ; mûris haerentia nostris Agmina barbarica plaustris vallantur et armis.
3. Ce passage, important pour fixer la date du poème, est conçu en ces termes, v. 174 sq. :
Post autem exacla jam trieteride quinta Rite récurrente statuto tempore Paselia Ad tua, Cbriste Deus, altaria sacra revenus, Te miserante, tua gaudens sacramenta recepi Ante hos ter decies super et hos quattuor annos. Le deuxième vers montre suffisamment qu'il s'agit ici du baptême qui avait
tût il se trouva seul avec lui-même, n'ayant plus que Dieu pour lui, car la mort lui enleva sa belle-mère, sa mère et sa femme : ses deux fils suivirent chacun leur chemin. N'ayant que la pauvreté pour compagne, il se relira à Marseille où habitaient plusieurs de ses amis; il vécut quelque temps dans les environs de cette ville en cultivant' lui-même un petit bien qu'il y possédait. Le bonheur toutefois fut loin de vouloir lui sourire. Courbé sous le poids des années et des soucis, il revint à Bordeaux. C'est là, tandis qu'il était en proie à la plus extrême misère, que Dieu vint à son secours : un Goth désirant lui acheter un champ de terre, lui en envoya le prix. Cette somme ne répondait pas sans doute à la valeur réelle du terrain ; mais elle fut la bienvenue et le poète ne manque pas d'en remercier Dieu. Il le remercie d'ailleurs également pour tout ce qui lui est arrivé ; il le prie seulement de ne pas permettre que ces tribulations brisent son courage; c'est à Dieu qu'il veut appartenir, dans la vie comme dans la mort.
Cet abandon à la volonté divine, cette confiance inébranlable en la Providence, qui remplissent toutle poème, donnent à ces vers, malgré que le style et le mètre en soient souvent défectueux (1), un charme qui attire et une haute expression d'individualité : abstraction faite de l'intérêt historique, celle-ci nous captive du commencement à la fin. Quel heureux contraste entre ce jet libre et vrai d'un cœur chrétien,
Jieu à la fête de Pâques ; le pluriel sacramentel, qui suit, s'explique par le fait que la communion pascale suivait immédiatement la réception du baptême. Dans le dernier vers, il faut lire hos au lieu de his, que donne l'édition princeps ; vouloir y substituer bis, avec Barth, c'est arriver à un mauvais calcul. Voici, d'après moi, ce qui résulte de ce passage. L'auteur était âgé de trente ans, ainsi qu'il le dit lui-même et comme nous l'avons fait remarquer, lorsque les Goths envahirent la Gaule, en 412; il était donc né en 382, et, vu qu'il a 83 ans (v. plus haut, p. 432, rem. 4), il écrivit son poème en 465 ; retranchons 49 (34 -j- 15), et nous verrons que c'est en 416 qu'il embrassa la vie ascétique, à la suite des événements des quatre années précédentes. C'est ainsi seulement qu'on peut mettre en harmonie toutes les dates ; il en résulte également que le nombre compris dans altera ab imdecima (v. 12) est bien le nombre douze, et non treize.
1. V. sur les défauts de la langue et du vers le travail consciencieux de Leipziger, l. cit., p. 10 sq. ; il faut remarquer notamment l'apparition fréquente de l'hiatus. liest à peine besoin de faire remarquer que Paulin a, lui aussi, pris Virgile pour modèle.
[392-3.] ..mi mm s 137
malgré les défauts de la forme, el ces produits artificiels, mensongers, pleins de rhétorique, des panégyristes païens ou même îles écrivains postérieurs, mais qui n'avaient de
chrétien que le nom!