SIDOINE APOLLINAIRE
fanfaronnades souvent vraiment ridicules et tout à fait gauloises (I). C'est Jupiter quia donné à Kome cet empereur; il lui reconquerra les provinces perdues ; il lui infusera une nouvelle jeunesse. Le poème se termine presque avec le discours de Jupiter (six cent deux hexamètres); Sidoine n'y ajoute, en effet, que deux vers, dans lesquels il exprime ses vœux à l'empereur. — Dans le panégyrique de Majorien, l'Afrique apparaît devant Rome assise sur son trône et implore son secours.
Ce sont surtout les deux épithalames qui étalent à nos yeux le luxe entier des scènes mythologiques : dans l'un, en l'honneur de Ruricius et de Ibéria (cent trente-trois hexamètres et une préface de onze distiques), ce sont Vénus et l'Amour qui font eux-mêmes l'éloge des époux ; ils s'adjoignent ensuite un grand cortège d'autres divinités et s'avancent en chœur vers le lit nuptial, pour le bénir ; dans l'autre, qui est consacré au philosophe Polémius et à Aranéola (cent vingt- huit hexamètres et une préface de trente hendécasyllabiques), c'est Pallas qui joue le rôle principal; le poète nous représente aussi deux temples, dont l'un contient presque tous les philosophes de la Grèce antique, tandis que l'autre, où la fiancée travaille elle-même, nous fait admirer des tapisseries précieuses. Nous voyons ensuite la ('éesse de la Sagesse conclure l'Hymé.née.
Le poème sur le château [burgus) de Léontius (deux cent trente-cinq hexamètres) est également empreint de cette recherche mythologique qui occupe presque la moitié de cette poésie. L'auteur débute par une description détaillée d'un pèlerinage de Bacchus qui se dispose à se rendre à Thèbes; Apollon lui-même sert de guide au dieu et lui montre, comme un lieu plus digne de son séjour, le château de Léontius. Sidoine fait ensuite une description détaillée des charmes qu'on y trouve, et ce tableau, intéressant pour l'histoire de la civilisation, prend dignement place à côté des plus attrayants que le poète nous trace, dans ses lettres, des villas les plus illustres. Quant au reproche de prolixité, Sidoine le repousse dans un épilogue en prose, en s'appuyant sur des exemples