S. CÉSAIRE [U
hiérarchie, et cela leur donne une valeur historique : ils célèbrentaussi la primauté de saint Pierre. Au reste, les sermons de St Léon ne sont point de simples analyses raisonnées du texte de l'Évangile, comme le sont les anciens sermons ; on y trouve rarement aussi l'interprétation allégorique des anciens prédicateurs ; toujours, au contraire, la solennité spéciale qui leur a donné lieu leur prête un fond dogmatique et moral. Il ont pour but d'enseigner la vérité chrétienne et de la faire servir en même temps à l'amélioration des mœurs. S'ils ne sont pas marqués au coin du génie, du moins le sontils d'autant plus à celui du talent ; ils méritaient bien de servir de modèle aux temps à venir, et c'est à juste titre que la postérité les a tenus en grande estime.
Nous possédons également cent soixante- treize lettres signées du nom de saint Léon et écrites pendant son pontificat. Elles sont d'une nature tout à fait officielle, et, selon la remarque très juste de Arendt (1), elles sont plutôt sorties de la chancellerie de saint Léon, qu'elles ne sont tombées de sa plume. La pureté de la langue n'en est que plus remarquable : d'ailleurs, elles sont exemptes de tous les artifices de la rhétorique. Plusieurs d'entre elles contiennent des documents originaux d'une extrême importance, surtout pour l'histoire ecclésiastique. Malgré ces qualités, elles n'ont pas ici pour nous, à cause de leur caractère officiel, un intérêt süffisant pour que nous en analysions le contenu.
S. Césaire (2), élève du couvent de Lérins, diacre, et plus tard (o02) évêque d'Arles, s'acquit, lui aussi, comme prédicateur, une grande réputation, surtout en Gaule. En qualité d'évêque, il déploya une activité extrême, dans le midi de la Gaule, en faveur du catholicisme. Il mourut à l'âge de soixante-treize ans, en 542. De modeste extraction, à ce qu'il semble, il se consacra surtout, en qualité de pasteur, aux
1. Op. c, p. 121, où il fait des réserves également au point de vue critique.
2. Ses sermons se trouvent surtout parmi ceux de saint Augustin qui ne sont pas authentiques ; ensuite : «S. Caesarii Homiliae XIV. Steph. ßalusiusprim.ed.notisqueillustr. Paris, 1659(tous ne paraissent pas authentiques) ; Histoire littéraire de la France, tome III, p. 190 sq. ; Ampère, Histoire litt., tome II, p. 203 sq.