‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 263 sur 353 · CHAPITRE XIX ÉLOQUENCE DE LA. CHAIRE. S. LEON. CAESARIUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX ÉLOQUENCE DE LA. CHAIRE. S. LEON. CAESARIUS

L'éloquence de la chaire, à cette époque, est représentée de la façon la plus remarquable par un beau recueil de sermons du pape saint Léon (3). La postérité a donné à ce Pontife le sur-

1. C'est ainsi que s'explique, à mon avis, la façon de s'exprimer de Gennadè quand il dit, au ch. 64 : « Cujus operis quia secundi libri maximamin schedulis partem a quibusdam furatam perdidit, reeapitulato ejus paucis sermonibus sensu pristino, compegit et uno in libro edidit. » La marche du récit en certains endroits laisse voir, à mon sens, avec certitude, que cette récapitulation a été élargie après coup. Voilà pourquoi la récapitulation du contenu du deuxième livre est plus longue, plus détaillée que celle du premier livre

2. Il dit lui-même, cl, qu'il visait à un langage facile : (acilis communisque sermo, et non un style pompeux, ornatus et exactus .

3. S. Leonis M. opéra, post Pasch. Quesnelli recensionem ad complures et praestantiss . mss. coda, ab Mo consultos ctacta, entend, et ineditis aucta etc. curant. Pelro et Hieronymo fratribus Balleriniis. 3 tom. Venise, 1753. in-fol. (Praeff.).Cf. plus haut p. 480, rem. 1; Arendt, Leo der Grosse und seine Ze't., Mayence, 1835.

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nom de Grand, à cause de sa puissante activité. Sainl Léon occupa la chaire de St-Pierre, de 140 a 'Mil. C'esl à cette période qu'il faul faire remonter Les sermons Sermones) qui nous restent de lui (1), vu que c'esl en ^i qualité »I«' j >«i [ •« ■ qu'il les a prêches. Parmi eux, il y en a environ cent d'authentiques : im certain nombre sont des sermons de carême ou prononcés pour des collectes; d'autres, des sermons pour la Nativité, l'Epiphanie, La Passion; il v en a quelques-uns pour Le jour il«' Pâques, L'Ascension et La Pentecôte : quelquesuns ont été prononcés Le jour de son ordination et un enfin le jour de La fête des saints apôtres Pierre et Paul.

Sobres de détails, souvenl meine d'une concision étonnante, ces sermons se distinguent par la clarté de la disposition, ainsi que par la simplicité d'un style qui est, en général, facile à comprendre (2), relevé et d'une pureté étonnante pour celte époque. Il n'y faudrait chercher néanmoins ni la richesse de pensées ou la dialectique puissante de Si Augustin, ni l'élan oratoire et le poli des sermons de saint Ambroise. Dans Le dernier des sermons que j'ai nommés (sermo 82), suint Léon prend un essor qu'il n'a pas eu dans les autres; là, il est porté par le sentiment de la puissance et de la grandeur de celte nouvelle Rome qu'il a vraiment fondée lui-même; cet élan se remarque surtout quand il compare ;i l'ancienne Home « cette ville sacerdotale el royale qui est devenue la tête du monde entier, parce qu'elle est le siège sacré de saint Pierre; cette ville qui règne surplus de peuples par la religion divine qu'elle ne le l'ail par la puissance terrestre. » Les sermons prononcés h son ordination sont également pénétrés de ce sentiment de la

1. Il ne nous en reste qu'une partie. On devrait trouver la chose toute naturelle, à considérer ceux qui nous ont été conservés et la manière dont ils nous sont parvenus; mais, je dois taire expressément remarquer que Arendt, p. 118, suppose que nous possédons tous les sermons de saint Léon.

2. Cela ne roui pas dire le moins du monde que saint Léon manquait d'art oratoire; au contraire, le récit est plutôt un fruit de cel art; on y trouve1 bien également des artifices de rhétorique, mais ils sont loin d'être aussi nombreux que dans les autres orateurs, même dans les orateurs chrétiens de cette époque ; ils sont loin aussi d'être aussi criants que des savants moderne-, Dupin surtout, ont bien voulu le prétendre: ce dernier, dan- les reproches qu'il l'ait à saint Léon, confond, parmi les artifices oratoires, ceux qui sont permis et ceux qui ne le sont pas.

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