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3. Ainsi, p. 162, Virgile dit : « Si inter tantas sloicas veritates etiam aliquid epicureum non disipuissem, paganus non essem. »
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lui appartenait. C'était là le seul moyen de sauver la mythologie et delà transmettre au moyen Age : dès les débuis de la Renaissance même, c'esl bous ce manteau que nous la voyons reparaître, ainsi que le montre l'ouvrage mythologique de Boccace.
Quant à la forme spéciale de ses ouvrages, et notamment du premier, Fulgence, qui manquait d'originalité, se rattache ;i des ouvrages antérieurs et surtout à celui d'un de ses compatriotes, lequel appartient aux vingt premières années de ce même siècle (I); il semble avoir trouvé son genre dans cette œuvre où l'on voit la mythologie non seulement se mêler à l'allégorie, mais prendre elle-même un caractère allégorique ; je parle ici de l'encyclopédie des sept arts libéraux du néoplatonicien Muuiwis Capella (2), encyclopédie qui parut sous le titre de Mariage de l<< Philologie et de Mercure.
Martianus n'était sans doute pas chrétien; son œuvre ne rentre pas par conséquent dans le cadre de notre étude : néanmoins je veux lui consacrer quelques lignes, à cause de l'in~ lluence considérable qu'il a exercée sur la culture non seulement scientifique, mais même esthétique du moyen âge. Ce sont surtout ses allégories qui ont contribué à obtenir ce résultat, comme ce sont elles aussi qui jettent comme un voile sur le paganisme de l'auteur. Son ouvrage fut longtemps au moyen âge une des bases principales, et souvent même l'unique base de l'enseignement scolaire. Formé de neuf livres, il est composé dans la forme de la satire ménippée ; mais la prose y occupe une plus large place. Les deux premiers livres sont entièrement consacrés au mythe et à l'allégorie, et voici, en substance, la fable que l'auteur raconte à son fils. Mercure (3),
1. En adoptant, comme je le fais, la manière de voir de Lucien .Mülleret en prenant l'espace de -HO à V27 comme époque de la composition de l'ouvrir de Capella.
2. Mart. Minei Felicis Capellae De nuptiis Philologiae et Mercnrii et de septem artibus liberalibus libri IX ad cod. )7iss. fîdem cum nolis Vidcanii etc. et commentario perpetuo ed. U. F. Kopp., Francfort s. le M., 183*'), in-'i \Mart. Capella Fr. Eyssenhardt recens., Leipzig, i866 ; article de Jacobs dans l' Encyclopédie de Êrsch et Gruber, Ir sect., vol. XV.
3. Hermes est, d'après Plotin, la forme intelligible, le Xôyo;. v. Zeller III, 2, p. 561. De là, le mariage de la Philologie (f&etv-Myov) avec lui.
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veut se marier. Après avoir soupiré en vain pour Sophia, Mantice et Psyché qui le refusent, Virtus lui conseille de s'adresser à Apollon : celui-ci lui propose (1. I, 22) la Philologie, la plus savante fille de la famille antique; c'est une amie du Parnasse et qui connaît les mystères des Enfers aussi bien que la volonté de Jupiter, et la profondeur de l'Océan tout autant que le royaume des astres: en un mot, elle est la science encyclopédique. Mercure accepte la proposition, et la Vertu en est ravie. Tous trois donc, accompagnés des Muses et au milieu de la musique des sphères, ils s'acheminent à travers le ciel et pénètrent dans le palais de Jupiter qu'ils trouvent auprès de son épouse. Apollon lui expose les vœux de Mercure. Jupiter faisant difficulté de s'y rendre, Pallas propose de réunir en conseil « les dieux déjà mariés et les déesses vénérables par leur âge » (et dearum graîidaevas), et de soumettre cette affaire à leur décision (1. I, 4). L'auteur fait ici le tableau de cette assemblée des dieux, parmi lesquels se trouvent également plusieurs personnages purement allégoriques de la mythologie romaine postérieure, comme : Valitudo, Verisfructus, Gelerilas, tandis que Discordia et Seditio s'en voient refuser l'entrée. Sur la proposition de Jupiter, l'assemblée décide en faveur de Mercure ; mais il faut que la fiancée soit élevée au rang des dieux ; ce privilège sera du reste désormais accordé aux mortels qui auront fait des actions d'éclat. La Philosophie doit annoncer au monde la décision de ce sénat suprême, décision qu'on a gravée sur des tables d'airain.
Tel est le fond du premier livre. Dans le deuxième, nous voyons apparaître la fiancée, qui manifeste des craintes au sujet de son union avec un dieu, malgré le grand amour qu'elle a pour lui ; mais après un long* calcul, elle reconnaît, par les nombres qui forment son nom et celui de son fiancé, que ce mariage est très convenable pour elle. La mère Phronésis s'occupe de sa toilette pour la cérémonie, et lui ceint sa propre ceinture. Les Muses chantent en son honneur; quatre femmes vénérables, les quatre Vertus cardinales (1. II, 127), viennent la saluer. Les trois Grâces s'approchent à leur tour : l'une la baise au front, l'autre sur la bouche, et la troisième
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sur la poitrine afin de donner de l;i grâce à ses regards, à sa langue, à son cœur (attfmus). Athanasia, ßlie de L'Apothéose, apparaît ensuite pour accompagner la Philologie dans le ciel. .Mais celle-ci doit d'abord, Bur l'ordre d'Athanasia, se décharger d'un faix qui grossil démesurément sa pu il ri ne. Elle se résigne, quoique avec peine, à laisser une grande quantité de livres, (jue recueillent des jeunes filles (1), aidées elles-mêmes par les Muses Uran ie el Calliope A pit's avoir ensuite yidé la coup'' de L'immortalité que lui présente l'Apothéose, la fiancée monte au ciel sur une chaise ;i porteur : elle rencontre tout d'abord .Inno Pronuba, à (jui elle fait un sacrifice et adresse une prière. Celle-ci se charge maintenant de sa conduite et lui fait faire connaissance avec les régions de l'air et ses habitants (l. 11, 150 sq.). Après avoir parcouru le cercle des planètes, la fiancée arrive enfin dans la voie lactée où se trouve le palais de Jupiter: assis au milieu des dieux, il attend les deux fiancés (1. II, 209). D'abord apparaît Mercure, et on le fait asseoir près de Pallas; puis, vient à son tour la fiancée, qui, dans sa modeslie, prend place à côte des Muses. Sa mère exige enfin qu'on donne lecture de la loi Poppaea (2) et qu'on remette la corbeille de la mariée. Voilà que Phébus se lève pour présenter en particulier les jeunes filles, qui sont au service de son frère et qui font précisément partie de cette corbeille de noces. Ce sont les sept Arts libéraux; ils paraissent, à tour der Ole, dans les sept livres suivants de l'ouvrage et dont chacun est consacré à l'un des arts : leur ordre est exactement celui qu'ils occuperont plus tard dans le trivium et le quadrivium : 1. Grammaire; 2, Dialectique; 3, llhétorique; 4, Géométrie; 5, Arithmétique; 6, Astronomie; 7, Harmonie (c'est-à-dire Musique). Après avoir donné chaque fois une description de tout l'extérieur, c'est-à-dire de la physionomie de l'expression, du vêlement et des instruments, l'auteur trace un tableau symbolique et allégorique de l'art particulier: les jeunes vierges de Mercure exposent ensuite elles-mêmes une idée sommaire
1. L. II, 135. Le style allégorique ne s'embarrasse guère du manque de goût le plus complet; cela avait lieu aussi au moyeu âge. '-'. I£n tant qu'elle défend l'aliénation de la dot.
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de leur science, sous forme de chapitres et sur un ton extrêmement sec. Ici l'auteur procède en comptant dune manière tout à fait arbitraire; tantôt il est sobre de détails; tantôt il les prodigue; tantôt même il omet des parties tout entières de ces arts. Il conserve cependant, en tout l'ouvrage, le cadre de son récit : non seulement le public, composé par les dieux, provoque les Arts à prendre la parole, mais il les invite même au silence ; on voit aussi certains de ces auditeurs célestes se donner le plaisir de faire leurs observations après la leçon, et d'exprimer en termes plus ou moins vifs l'ennui qu'ils ont éprouvé ; bref, chacun tâche de placer son mot. A cause de l'heure avancée, la Médecine et l'Architecture se voient refuser la parole. La nuit est presque venue, lorsque l'Harmonie vient la dernière faire son discours; dès qu'elle a fini, elle accompagne la fiancée dans la chambre nuptiale, en chantant une berceuse. Il ne reste plus enfin à l'auteur qu'à prendre, dans quelques vers, congé de ses lecteurs. — Telle es.t la composition de cet ouvrag-e, qui, par son agencement, plaisait tant au moyen âge et dans lequel l'imagination la plus bizarre s'alliait à l'esprit le plus aride.