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• lu christianisme, arnobe prend cette objection pour point de départ. Vprès avoir fail remarquer que la colère esl en con tradiction avec l'essence de la divinité, il demande pourquoi les dieux seraient en colère contre les chrétiens (c. 25). \ cause do leur religion. — Il traite donc d'abord «le la foi en Dieu le père, le Deus princeps l j le plus grand des rois. Ce n'est point, il est vrai, disent les païens, l'adoration de ce Dieu, qui est I»' principe d'une telle colère, car eus aussi ils adorent dans Jupiter un Dieu semblable, mais c'est l'adoration d'un homme qui, né comme nous, a été en outre crucifié (c. •>•• . Arnobe cherche ici à prouver la divinité du Christ et il l'accentue toujours avec force - . surtout d'après ses miracles. Ceux-ci se distinguent essentiellement de ceux des magiciens, car il les a opérés, sans aucune espèce de secours, et par la seule force de son nom. La diffusion rapide »In christianisme i|ui réunit dans un même esprit des peuples si dill'érentset si éloignés les uns des autres, parle suffisamment en faveur de la vérité de l'histoire du Christ. Après avoir traité de la véracité des évangiles (c. 56 el s.), l'auteur répond encore a cette autre question : Pourquoi le Christ, s'il esi Dieu. sYsi-il l'ait homme; pourquoi est-il mort c. 60 et s. ?
Tel csi l'argument principal du premier livre. Le second commence par celle question : Pourquoi les païens haïssentils el poursuivent-ils ainsi le Christ? L'auteur revient seulementàla dernière accusation des païens, traitée dans le premier livre, car voici sa réponse : C'est que le Christ a t'ait disparaître de la terre les religions nationales. Par contre, réplique Arnobe, il apporta la vraie religion en apprenant à connaître el à honorer le Dieu suprême, Deus princeps. .Mais vous ne voulez pas croire à ses paroles : vous demandez des preuves de ses promesses, même pour l'avenir! Et pourtant la vérité du christianisme se montre si manifestement dans sa diffusion rapide, dans son influence sur les mœurs des peuples
1. C'est ainsi que le désigne généralement Arnobe, moins par opposition avec le Christ qu'avec les dieux des païens ; voir, à ce sujet, un peu plus loin.
~. Cf. notamment 1. II, c. 00.
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grossiers, dans l'assentiment des hommes desavoir(i), dans la persévérance el la joie avec laquelle les confesseurs sacrifient tout. Les choses terrestres elles-mêmes et la science ne peu-
venl se passer de la foi. lu telles de nos doctrines que vous raille/, ou du moins des doctrines semblables, se retrouvent dans vos philosophes en qui vous croyez, à commencer par
Platon. Aruobe nomme ici l'adoration du « Père' des eboses, » la résurrection, l'enfer (2). Sur le dernier point, Platon, il est vrai, tombe dans une contradiction, en faisant souffrir les âmes, qu'il déclare immortelles (c. 14). Et en cet endroit, Arnobe commence, sur la nature des âmes, une longue digression qui occupe la majeure partie du livre: il s'efforce de prouver que l'âme est, par nature, un être mitoyen (rmeeps, médias qualitatis), mortel, et conséquemment engendré, non par Dieu, mais par un autre habitant du cielélevé en dignité (3). Cette digression, dont l'étendue montre déjà quelle importance personnelle l'auteur attachait au sujet, est unie étroitement avec l'apologie. D'après Arnobe en effet, les âmes, aidées par la grâce du Dieu révélé par le Christ et par elle seule, peuvent, si elles s'appliquent à le connaître, acquérir une existence éternelle ou de longue durée (4). Là est le motif principal du christianisme de l'auteur; c'est un christianisme évidemment bien peu correct et tout imbu encore d'éléments empruntés à la philosophie païenne. Toutefois, c'est dans le christianime seul qu'il trouve, avec la certitude
1. « Quod tam magnis ingénus pra^diti oratorcs, grammatici, rhetorcs, consulti juris ac medici, philosophirc etiam sécréta rimantes magisteria haBO expetunt, spretis quibus paulo ante fidebant. » (II. c. 6.)
2. « Quid Plato idem vesterin eo volumine quod de animae immortalitato composuit, non Acherontem,non Stygem, non Cocytum iluvios et Pyriphlegethontem nominat, in quibus animas adseverat volvi, mergi, exuri ? » II, c. 14.
3. « Si enim forte nescitis et antea vobis incognitum propter rei novitatem fuit, accipite sero et discite ab eo qui novit et protulit in medium, Christo, non esse animas régis maximi filias, nee ab eo, quem ad modum dicitur, generatas cœpisse se nosse... sed alterum quempiam genitorem his esse, dignitatis et potenliœ gradibus satis plurimis ab imperatore disjimctum ; ejus tarnen ex au'a et eminentium nobilem sublimitate natalium. » II, c. 3G. Et le Christ aurait enseigné cela !
4» « Longacvas fierij » II, c. 32; « perpetuitate donari, » II, c. 53. Cfi aussi II, c. 62»
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du salut, un abri contre la mort de smi ame (c. 33). Poui cola il renonce volontiers à toute spéculation stérile; comme l'ordonne le Christ, il se remel de toul a Dieu, qui seul esl en dehors de toul doute o. 60 : il se résigne enfin à ne rien répondre à maintes objections des païens, par exemple, a la question de la coexistence de Dieuel du mal dans le ade
58 . Il aime mieux les inviter à suivre son exemple, s'ils onl à cœur le salut de leur âme.
Dans 1rs trois livres suivants, Lesquels se rattachenl d'une manière immédiate 1rs uns aux autres, Irnobe attaque directemenl le polythéisme en faveur: il en montre d'abord l'absurdité, puis l'immoralité. Pour ouvrir l'attaque, il relie le sujet à ce • ] 1 1 ï précède par la question, surprenante a nos veux, mais typique pour cette époque de sj ncrétisme religieux, que posent 1rs païens dès le début du livre troisième: Pourquoi les chrétiens, puisqu'ils ont tant à cœur la divinité, divina res, n'adorent-ils pas. avec les païens, Les autres dieux aussi et n'ontils pas en commun avec eux les sacrifices et les cérémonies (1)? Ein d'autres termes, pourquoi, à côté de Dieu et du Christ, n'adorent-ils pas aussi les dieux des païens ? En eff< i, d'après le point de vue de cette époque, un service divin n'excluait pas L'autre ; bien plus, on pensait n'en être que plus pieux en adorant un nombre de dieux plus considérable. .\nus pouvons dire répond Àrnobe, que, pour nous, le premier Dieu, père et maître des choses, source de la divinité de toul ce qui est divin, suffit à nus adorations (2). C'est ainsi que dans Les empires de la terre, on n'est pas force de rendre spécialement ses hommages à chaque membre de la Famille royale : dans Le culte rendu au roi, est contenu implicitement celui qu'on doit rendre à chaque membre. Mais c'est à vous de prouver d'abord qu'il y a vraiment d'autres dieux qui existent autrement qu'à litre de statues. Vous ne savez même pas d'où vient leur nom et quel est leur nombre. Puis, d'un ton railleur (c. 8 et s.),
I. « Subjiciunt enim hœc : Si vol»:» divina res conti est. cur alias nobiscuni aeque deos colitis aeque adoratis, nec cum vestris gentibus communia sacra miscetis et religionum conjiingitis rïtus ".' » III, c. 2.
■J. « Cum enim divinitalis ipsius teneamus caput, a quo ipsa divinitas divinorum omnium qua:cunique sunt dicilur. >» III, c. 2.
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Arnobe montre combien la différence de sexe, lu figure, les occupations (jue k-s païens attribuent à leurs dieux lorsqu'ils en l'uni des Forgerons, des médecins, des bergers, etc., snni peu compatibles avec l'essence de la divinité; il fuit voir de plus qu'ils ne sauraient nous fournir aucune protection. Il relève ensuite les nombreuses contradictions dans Ja manière de concevoir <cs dieux (c. 29 et s.) : comment Junonv par exemple, peut-elle être l'air, et, en même temps, l'épouse de Jupiter? A cela s'ajoute encore l'identification de plusieurs dieux en une seule divinité. Si, par là, on en détrône plusieurs, une autre opinion des ennemis, qui prétend que le monde est un être animé, en détrône un grand nombre : alors, le soleil, la lune, les étoiles ne peuvent plus, comme parties du monde, être des dieux (c. 35). C'est ainsi que les païens eux-mêmes détruisent l'existence de leurs dieux. Comment donc peuvent-ils, en présence de telles contradictions et d'une telle incertitude, exiger qu'on leur rende un culte ?
Dans le quatrième livre, poursuivant sa démonstration, Arnobe mentionne d'abord les personnifications divines, telles que Salus, Honor, etc., simples mots et vides de sens dont on fait des dieux ridicules; il examine ensuite la troupe nombreuse et bigarrée des dieux des Indigitamenta, leurs absurdités plaisantes jointes à beaucoup d'autres ;*H passeenfin aux mythes immoraux relatifs aux dieux (c. 20) ; ces mythes ne sont pas seulement l'œuvre des poètes, ainsi que le prétendent les païens, mais ils sont même transportés et joués sur les théâtres, en présence des magistrats et des prêtres eux-mêmes. Or, si vos dieux sont vrais, et s'ils peuvent se mettre en colère, comme vous l'admettez, ils doivent s'indigner contre vous, qui les insultez à ce point; c'est vous, par conséquent, qui êtes responsables de toutes les calamités (c. 27). — Dans le cinquième livre, Arnobe montre, dans une série d'exemples (entre autres celui du mythe d'Athis et de la Grande Mère, c. 5 et s.), qu'on trouve, dans les historiens sérieux tout aussi bien que dans les poètes, des récits aussi ridicules sur le compte des dieux et que les fêtes, rites et mystères du culte païen, qui se basent sur ces récits, les remettent en mémoire et les reconnaissent pour vrais. Il déclare inadmissible une
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explication allégorique c. 32 et b. par laquelle les païens cherchaient ;ï dégager les mythes de tout ce qu'ils onl de scandaleux, parce qu'elle ae peut se restreindre arbitrairement à une seule partie du mythe et qu'on ue saurait mai plus l'appliquer au m\ the loul entier; l«s m\ stères et les fêtes doivent bien avoir pour Fondement <!<■> faits historiques. Les deux derniers Livres sont aussi étroitement liés entre
eux. Arnobe soumet les formes du culte païonàu critique
impitoyable en défendant les chrétiens contre l'accusation de manquerde piété; les païens motivaient cette accusation sur L'absence de temples, de statues des dieux et dos sacrifices. La réponse la plus simple H la plus naturelle eût été suis doute : Puisque nous n'adorons pas vos dieux, aous n'ayons pas besoin di' votre culte et untre Dieu ne le demande pas. Mais Arnobe suit les païens sur leur terrain mèine ot s'écrie : Si vos dieux sont vraiment tels, ils ne peuvent que rire ou s'indigner de ces honneurs. » Les temples leur sont inutiles, et ils le sont également aux hommes pour leur parler, ainsi que l'objectaient les païens ; plusieurs de ces temples, qui auparavant étaient des monuments funéraires, sont même une insulte aux dieux. Arnobe se tourne ensuite contre le culte des images et la superstition que le peuple \ joignait, sans qu'il put prévoir que ce culte revivrait bientôt chez les chrétiens sous un aspect nouveau. Dans le septième livre enfin, il traite des différentes sortes de sacrifices qu'il est absurde d'offrir aux dieux sous la forme de nourriture, de réconciliation, de récompense ou de litres honorifiques. Il raille aussi dans une suite de supplément les divertissements qu'on leur offre, comme les couronnements, la musique, les fêtes et les théâtres (c. .'52 et s. Toutes ces absurdités viennent de ce que les païens, incapables de savoir ce qu'est Dieu, façonnent les dieux d'après euxmêmes etleur prêtent leur propre nature. < Qui de nous ou de vous, demande Arnobe aux païens en terminant, a de meilleurs idées sur les choses humaines? Vous pensez que les dieux naissent comme les hommes; nous, au contraire, nous les regardons comme non engendrés, si tant est que leur existence soit certaine (l), et qu'ils aient l'autorité, la puissance
1. « Si modo dii certi sunt. » Arnobe se retranclii- presque toujours derrière cette restriction en parlant des dieux des païens.