‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 294 sur 353 · SAINT GRÉGOIRE LE GRAND. LES PLUS ANCIENNES HYMNES RYTHMIQUES · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE LE GRAND. LES PLUS ANCIENNES HYMNES RYTHMIQUES

Outre S. Fortunat, le vie siècle possède encore un hymnographe bien connu, je veux dire saint Grégoire le Grand; mais c'est surtout par ses écrits en prose qu'il a exercé une influence considérable sur le moyen âge. A ce point de vue, ce grand pape occupe, vers la fin du siècle, une place tout aussi élevée que l'a été celle de Cassiodore au milieu de ce même siècle; toutefois, malgré la parenté multiple de leurs productions littéraires, elle est essentiellement différente. Si Cassiodore représente la crise des deux époques de cette période, saint Grégoire apparaît déjà comme le représentant complet de la deuxième. On trouve encore dans les pages de celui-là, le reflet d'une culture plus élevée qui va disparaître ; parfois même, y a-t-il une lumière éclatante ; mais, par contre, nous voyons déjà les ombres de la nuit tombante s'étendre sur les écrits de celui-ci.

Grégoire (1), d'une antique et illustre famille romaine, naquit vers la fin de la première moitié du vie siècle. Ce riche

1. S. Gregorii papae I. cognomento magni opéra omnia, ad mss. cocld., etc., emendata, aucta et illustrata nous, stud. et lab. monachorum ord S. Benedict! e congregat. S. Mauri. 2 vol. Paris, 1705, in-fol. ; — Lau, Gregor I. der Grosse nach seinem Leben und seiner Lehre. Leipzig, 1845 ; Daehne, Gregor 1 . in Er seh und Gruber 's Encyclopaedie. Sect. I, vol. 89, 1869; — Gregorovius, G 'e schichte der Stadt Rom im Mittelalter, 2 vol. Stuttgart, 1859.

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Mis de patriciens embrassa d'abord avec succès la carrière | »« »litique. De bonne beure, il fui préteur de Home; il acquit, dans celle position, une habileté pratique des affaires; cela devail lui être très utile plus tard dans l'étal ecclésiastique,

mais cela devail aussi être comme une barrière qui lui fermerait l'entrée de la vie ascétique, vers laquelle il se sentait porté. C'est sans cloute sons l'influence de sa pieuse mère que s'était développé en lui, de bonne heure, ce penchant pour la vie du

cloître. Après la mort de son époux, celte femme entra dans un couvent et Grégoire vendil tous les biens de son immense héritage; le produit qu'il en relira fut employé au soutien des pauvres H à la fondation de sept couvents. L'un de ces derniers fût bâti à Home même, et t'est dans celui-là que se relira Grégoire, pour prendre l'habit religieux. Mais il ne lui fut pas donné de vivre longtemps exclusivement de la vie d'ascétisme . et de contemplation; le pape le nomma diacre de Home, et il l'envoya même, bientôt après, vers 580, à Constantinople, en qualité de nonce, ('/est là que, pendant de longues années et au milieu des circonstances les plus difficiles, il sut représenter, avec une rare habileté diplomatique, les intérêts de la Curie romaine et aussi ceux de Rome et de l'Italie que menaçaient les Lombards. De retour à Home, il fut élu abbé de son couvent, et, environ cinq ans plus tard, après la mort du pape Pelage II, il fut appelé à monter sur le siège de saint Pierre : c'était en *i!)0. Le choix qu'on avait fait de sa personne était un signe de la confiance générale, et cette confiance était d'autant plus grande que la situation de Home était plus triste à celte époque. Une peste terrible s'était abattue sur la ville et le pape lui-même en avait été la victime. Grégoire refusa pendant longtemps d'accepter une fonction aussi élevée, qui le forçait à renoncer pour toujours à la vie monastique. Ce fut peine perdue. Les grands, comme le peuple lui-même, lequel s'était opposé à son départ pour l'Angleterre alors qu'il n'était que simple moine, le réclamaient à grands cris, comme seul capable de faire face aux malheurs de ces temps orageux. Us ne s'étaient pas trompés. Non seulement, malgré sa santé débile et le poids des affaires, il remplit avec la plus grande lidélité tous les devoirs de sa vocation sacerdotale et veilla,

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