‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 305 sur 353 · SAINT GRÉGOIRE DE TOURS · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE DE TOURS

Nous voici arrivés à un auteur qui s'est montré, dans le domaine de l'histoire, bien plus indépendant et d'une tout autre valeur que l'abréviateur goth et le moraliste breton : j'ai nommé l'historien des Francs, celui qu'on a appelé, et non à tort, leur Hérodote, saint Grégoire de Tours (2). Geor-

1. V. § 17 une profusion désordonnée de ces figures. Ainsi que l'a déjà fait remarquer Schoell, plusieurs périodes se terminent en forme de vers hexamètre.

2. iS. Georgii Florentii episc. Turonensis opéra omnia, nec non Fredegarii epitome et chronicum cum suis continuator., ad codd. mss. et vett. edd. collata atque notis et observât, illustr., opéra et stud. D. Th. Ruinart, Paris, 1699, in-fol. ; — Une nouvelle édition par Arndt est actuellement sous presse et paraîtra dans les Monum. German. histor.; — Gregorii Turo* nensis episc. liber De cur su slellarum adjectis commenteras et scripturae specimine e cod. Bamb. ed. F. Haase, Breslau, 1853 (program. d'Université) ; — Loebell, Gregor von Tours und seine Zeit vornemlich ans seinen Werken geschildert. Leipzig, 1839. 2e édit. 1868 ; — Monod, Études critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne, lre partie. Introduction : Grégoire de Tours. Marius d'Avenches. Paris, 1872 (Biblioth.

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(.us Florentius, qui prit plus tard le nom de Grégoire, nom de son arrière-grand-père maternel, an évéque de Langres canonisé, descendait d'une famille sénatoriale de la ville Arverna; aujourd'hui Clermont-Ferrant. C'est là. qu'il vit le jour, en 538.Sa famille était une tics plus distinguées, parmi d'Iles des Romans delà Gaule; elle étail alliée avec les plus illustres maisons, dans lesquelles les évêchés les plus importants étaient presque héréditaires. Après la mort prématurée de son père Grégoire, qui n'était encore qu'un enfant, fut destiné par sa pieuse mère au service de l'Eglise. Son oncle Gallus, évêque d "Arverna, et Avilus qui lui succéda plus tard, firent son éducation et l'instruisirent dans les sciences. En o73, Grégoire fut élu évêque de Tours, après la mort du titulaire Euphronius, cousin de sa mère ; sa naissance n'eut pas moins départ à cette élection que son éducation et sa piété. Le jeune diacre, qui séjournait alors à la cour de Sigebert, hésitait, par modestie, ;ï accepter ce siège épiscopal si célèbre, mais le roi, dont il possédai! les faveurs particulières, l'y contraignit et le fît sacrer ù Reims. Fortunat célébra son arrivée à Tours, dans un poème plein d'élévation et bien supérieur à toutes ses autres poésies d'occasion par l'inspiration vraie qui l'anime (1). Grégoire remplit, en tous points l'attente du poète : c'était le pasteur fidèle de son troupeau; et il sut défendre avec courage et prudence les intérêts matériels doses ouailles, dansles temps orageux qui suivirent. Mais l'influence de Grégoire s'étendait bien au delà des bornes de son diocèse : Tours, la ville do saint Martin, était, à cette époque, le centre religieux de la Gaule, ainsi que le dit avec raison Monod. Aussi, saint Grégoire jouel-il un rôle important dans l'histoire de son pays. Sous Chilpéric surtout, il fut un défenseur intrépide de l'Eglise, dans sa défense contre les attaques d'un état Ivranniquc ; et, défendre l'Eglise, signifiait alors défendre la civilisation, encore représentée alors par l'Eglise seule. Après la mort de Chilpéric, Tours passa bientôt en la possession de Childebert, fils de

de lï'cole des hautes éludes; ; — Wattenbach, op. cit., vol. I, p. 70 sq.; — Kurlh, Saint Grégoire de Tours et les études rlassiques au vie siècle (dans la Revue des qiccstions historiques, octobre 1878). i. L. V,c. 3.

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