GH) SAINT GRÉGOIRE DE TOURS | .*) I \ -.*) . J
on pont le dire, elle conserve une inépuisable fraîcheur qui attache toujours de nouveau : cette qualité lui vient de la vie qui règne dans tout ce qui est individuel et qu'elle sait rendre avec une naïve fidélité.
Parmi les écrits ecclésiastiques que nous possédons encore de saint Grégoire, sept livres, comme il le dit lui-même (1), traitent des Miracles {Miracula); il ne constituent pas un tout plein d'unité; ce sont des ouvrages à part qui, en y comprenant un autre livre, le huitième, forment un recueil hagiographique réuni par saint Grégoire, peu de temps avant sa mort (2). Quatre seulement sont étroitement liés, quoique, composés à des époques plus ou moins éloignées les unes des autres (3), ils aient été édités à part et à différentes reprises. Ce sont les quatre livres De miracidis S. Martini. D'après Monod, le premier aurait été composé en 574-75, le deuxième entre 577 et 581, le troisième entre 582 et 587, et enfin le quatrième entre 591 et 594. Dans l'épitre qui précède cet ouvrage et qui est adressée à ses diocésains, saint Grégoire dit que Dieu confirme, en faveur de la foi, les miracles qu'il fit pendant la vie et par le ministère de saint Martin, par les miracles mêmes qui ont lieu chaque jour à son tombeau. Ce sont ces miracles « actuels » que saint Grégoire veut faire connaître à la postérité autant que le lui permet sa mémoire ; l'entreprise est hardie, mais il ne la tente qu'à la suite des visions qui l'y engagent : c'est sa mère qui lui a apparu. Pour ne pas répéter ce qu'ont dit à ce sujet ses prédécesseurs, Sul-
1. Eist. Franc, 1. X, à la fin : « Decem libros historiarum, septem mi- ■raculorum, unura de Vitis patrum scripsi : in Psalterii tractatum libruin unum commentatus sum, de cursibus etiam ecclesiasticis unum librum condidi. » Le premier [des deux livres nommés en dernier lieu n'a pas été conservé.
2. V. De gloria conf., Prol. : Par le fait que l'ouvrage De vitis patrum est nommé ici comme livre septième, tandis que le livre huitième comprend, par contre, l'ouvrage De gloria confessorum, il s'ensuit que l'expression « VII miraculorum libri » (v. rem. précédente) ne désigne pas un tout complet. Il n'y a pas non plus de préface pour le tout (v. plus loin, page G12, rem. 2).
3. A partir du troisième livre, selon l'époque où avaient lieu de nouveaux miracles ou bien selon qu'ils parvenaient à la connaissance de l'auteur. V, 1. II et 1. III à la fin.
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pice Sévère el Paulis, il se borne aux miracles opérés par saint .Martin après sa mort. C'est par erreur qu'il croit que oe Paulin était Bain! Paulin de .Noie. Toutefois il rapportera
plusieurs des miracles qui ont eu lieu a\anl B0T1 époque, et,
parmi eux, il s'en trouve d'une nature toute légendaire (1) qui ont, par conséquent, un charme tout poétique. Les autres,
ceux notamment qui Ont été Opérés en sa la\eiir. sunt en
majeure partie des comptes-rendus peu intéressants de guérisons concernant toutes les infirmités corporelles imaginables.
Ces miracles mil eu lieu ordinairement par L'intermédiaire d'objets qui ont été en relation avec le tombeau du Saint, de la poussière par exemple, ou de l'eau dont on l'avait lavé, ou encore un morceau Au rideau qui le recouvrait; on employait la poussière et l'eau comme médecine, et, comme tels, on les emportait avec soi en voyage et on lesexpédiail également (2 . On peut voir, à la fin du livre troisième, comme saint Grégoire met la poussière du tombeau de saint .Martin au dessus de tous les remèdes (3). L'attrait qu'ont les détails concernant l'histoire de la civilisation manque même ici en grande partie (4) : le lecteur ne conserve que l'impression triste et monotone d'une crédulité extraordinaire.
Les autres livres de Miracles ont vu le jour pendant la composition de ceux qui ont Irail h saint .Martin : c'est en premier lieu, le livre des miracles de saint Julien, composé entre 582 et 586. D'après le récit de la passion de ce martyr, qui naquit à Vienne et se retira dans le pays des Avernes, ce livre traite des miracles que saint Julien opéra après sa mort et qui sont de la même nature que ceux qui furent opérés par saint
1. Y. par exemple I. 1, c. 5 (par rapport à saint Ambroise), ou c. 0.